Justin Trudeau a terminé sa journée par une rencontre directe avec les citoyens, dans une formule town hall, inspirée des États-Unis. Il s’agissait de la 4e soirée du genre à laquelle s’est prêté le premier ministre depuis le début janvier, et la seule en sol québécois.

Trudeau promet des millions à Québec

Justin Trudeau n’est pas arrivé les mains vides à Québec jeudi. Il a garanti des millions de dollars pour un éventuel tramway de Régis Labeaume et a ouvert toute grande la porte à des contrats au chantier maritime Davie, à Lévis.

Après une virée préparatoire au congrès du G7 dans Charlevoix mercredi, le premier ministre du Canada a passé la journée dans la capitale jeudi, enfilant les entrevues dans différents médias. C’est à la radio tôt le matin qu’il a annoncé que la Garde côtière entrait en négociations avec Davie pour livrer jusqu’à 4 brise-glaces. «On a besoin de brise-glaces», a-t-il soutenu, louangeant le travail des employés de la Davie sur le navire Astérix.

Cette ouverture du gouvernement fédéral survient après plusieurs semaines de pressions politiques du gouvernement provincial et des villes de Québec et de Lévis. Le premier ministre Couillard avait même participé à une manifestation en décembre pour réclamer que le Québec obtienne sa juste part de contrats fédéraux. 

Un peu avant midi, M. Trudeau a rendu visite au maire de Québec Régis Labeaume à l’hôtel de ville. M. Labeaume a d’ailleurs décoché une flèche à Stephen Harper en soulignant que c’était la première fois en 10 ans comme maire qu’un premier ministre canadien prenait la peine de venir le voir chez lui, à l’hôtel de ville. 

La rencontre semble avoir été fructueuse, M. Labeaume ayant notamment reçu l’assurance que le gouvernement du Canada lui réservait des millions de dollars pour financer un futur système de transport collectif structurant, qui pourrait prendre la forme d’un tramway. 

M. Trudeau a terminé sa journée par une rencontre directe avec les citoyens, dans une formule town hall, inspirée des États-Unis. Il s’agissait de la 4e soirée du genre à laquelle s’est prêté le premier ministre depuis le début janvier, et la seule en sol québécois. 

Une vingtaine de citoyens ont pu poser des questions qui sont allées dans tous les sens, et chaque fois, le premier ministre a répondu avec assurance, en se gardant bien toutefois de faire des déclarations surprises ou des annonces. 

Il a été question de la Davie, de la voie ferroviaire de contournement à Lac-Mégantic, de la difficulté de trouver des emplois à Québec pour les immigrants, de l’utilité du sénat, de la parité homme femme, d’aide médicale à mourir et même de nanoparticules. 

Une immigrante brésilienne a fait un plaidoyer sur la place qu’il faut accorder au français au Québec, qui lui a valu de chaleureux applaudissements de la foule. «Oui, faut faire une meilleure job», a admis Trudeau, utilisant sans s’en rendre compte un anglicisme dans sa réponse.

Le premier ministre a ensuite soutenu qu’il fallait que le Canada reste un pays bilingue et que pour ce faire, «il faut s’assurer que le Québec demeure francophone». 

Le premier ministre était accompagné des ministres Jean-Yves Duclos et François-Philippe Champagne, de même que du député Joel Lightbound, qui avait choisi son ancienne école secondaire, De Rochebelle, pour tenir le rassemblement.

Patience pour le pont de Québec

Un guide touristique a déploré la rouille que les touristes remarquent sur le pont de Québec. Justin Trudeau lui a demandé d’être patient, alors que son gouvernement négocie avec le propriétaire du pont, le CN, pour trouver une solution à cet enjeu. 

«Je sais que ça prend beaucoup de temps, mais c’est des négociations en cours», a indiqué le premier ministre. M. Trudeau, qui s’est voulu rassurant. «Le pont est parfaitement sécuritaire.» Cet enjeu a aussi fait partie des discussions avec le maire de Québec Régis Labeaume, qui a été peu bavard. «Je ne veux pas faire de commentaires parce que je sais que ça travaille. C’est bon ça.» 

Préoccupé par le trou noir 

Le sort des travailleurs saisonniers de Charlevoix et de la Côte-Nord préoccupe Justin Trudeau. Plusieurs se retrouvent cet hiver dans un «trou noir», sans prestations d’assurance-emploi pour plusieurs semaines. 

«Ça va mettre beaucoup d’individus, beaucoup de familles dans une situation extrêmement difficile», a lancé le premier ministre, en réponse à une question citoyenne. M. Trudeau soutient qu’il «n’y a pas de solution facile», parce que l’enjeu concerne aussi la Gaspésie et les provinces maritimes. Il a toutefois promis que son ministre Jean-Yves Duclos travaillait à trouver une solution. 

Phénix : «On est désolés»

Une employée du gouvernement fédéral a demandé à M. Trudeau de régler son problème de paye, causé par les ratés du système informatique Phénix. Le premier ministre a soutenu que sa situation, comme celle de plusieurs autres employés, était «inacceptable» et qu’il y avait «des histoires d’horreurs» reliées à cet enjeu. 

«On est désolés», a-t-il lancé, après avoir toutefois mis la faute en grande partie sur l’ancien gouvernement conservateur, qui a mis à la porte plusieurs employés qui auraient pu assurer la transition avec Phénix. «C’est pas nous qui avons créé le problème, mais c’est nous qui allons le régler, ça je vous le promets.»