Les représentants syndicaux étaient toujours sur place, samedi en après-midi.

«Trou noir» de l’assurance-emploi: Duclos à l’écoute

L’occupation des bureaux du ministre fédéral Jean-Yves Duclos, amorcée à Québec vendredi matin par un groupe de travailleurs réclamant des mesures d’urgence pour mettre fin «au trou noir» de l’assurance-emploi, a finalement été levée samedi soir.

La dizaine de travailleurs de la Côte-Nord et de Charlevoix ayant fait le voyage jusqu’à Québec ont regagné leurs terres après avoir atteint leur objectif, qui était d’obtenir une rencontre en tête-à-tête avec le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social.

M. Duclos, parti de London en Ontario et retardé par les conditions météo samedi, a en effet rencontré les occupants à 18h30. Les deux parties ont discuté à huis clos pendant tout près d’une heure dans les bureaux du député de Québec, sur le boulevard Charest.

«M. Duclos nous a dit que notre geste n’aura pas servi à rien», a déclaré après la rencontre Guillaume Tremblay, représentant du Conseil central Côte-Nord–CSN.

Les travailleurs mobilisés, dont le gagne-pain est saisonnier, voulaient sensibiliser l’élu à ce qu’ils appellent «le trou noir» de l’assurance-emploi. En raison des faibles taux de chômage cette année dans leurs régions, à l’instar du reste du pays, ces deniers n’ont pas droit à une couverture durant tout l’hiver comme c’est normalement le cas. Certains travailleurs ne recevraient déjà plus de chèques de prestation d’assurance-emploi et la situation va s’aggraver dans les prochaines semaines.

En 2017, par exemple, un travailleur de la Côte-Nord devait avoir cumulé 525 heures de travail pour avoir droit à 21 semaines de prestations. En 2018, le même travailleur doit accumuler 665 heures pour avoir droit à 15 semaines de chômage.

«On a été capable de bien lui démontrer toute la sensibilité des enjeux qui sont rattachés au nôtre et le sentiment d’urgence pour certaines familles», a poursuivi M. Tremblay. «On a eu beaucoup d’écoute de sa part.»

Les travailleurs espèrent que le ministre mettra en place des mesures d’urgence pour régler la situation actuelle et qu’il modifiera ensuite la méthode de calcul des semaines de prestations auxquelles les travailleurs ont droit. «Ce qui nuit beaucoup dans l’assurance-emploi, c’est qu’ils se basent sur les taux de chômage. […] Ça ne devrait pas être associé à ça.»

Au cabinet du ministre, on était également satisfait de la rencontre tenue samedi soir. «Le ministre était là pour les écouter. Il comprend la situation et on tente de trouver une solution pour modifier le système de l’assurance-emploi», a affirmé Mathieu Fillion, un représentant du cabinet. Aucune proposition n’a été présentée par M. Duclos. «Tout le monde était conscient qu’il n’y aurait pas une décision trouvée ce soir. Ce fût une rencontre franche et honnête.» De nouvelles discussions sont prévues cette semaine.