Le ministre des Transports, Robert Poëti, est revenu sur ses déclarations de la veille à propos de la captation de la plus-value foncière dans le but de financer une partie du transport en commun.

Tronçon ferroviaire Matapédia-Gaspé: Québec fait une offre d'achat

Le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, a déposé lundi une proposition pour que l'État québécois achète le tronçon ferroviaire Matapédia-Gaspé, présentement protégé par le tribunal en raison de créances de 3,6 millions $.
Le montant de l'offre n'a pas été dévoilé. Il couvrirait la somme des créances et une enveloppe de cinq ans pour assurer l'entretien des deux extrémités du tronçon, l'axe Matapédia-Caplan, où se situe présentement le trafic de marchandises et la section Percé-Gaspé, où roule sur une base sporadique le train touristique Amiral, entre mai et octobre.
Le tronçon entre Caplan et Percé serait placé en dormance parce que les coûts de réhabilitation ne sont pas justifiables, compte tenu du faible potentiel de trafic sur cette partie du réseau, a noté le ministre Poëti.
«Le gouvernement du Québec a décidé de redonner aux Gaspésiens un joyau, de sauvegarder le chemin de fer pour qu'il ne soit plus menacé de démantèlement», a-t-il dit, soulignant l'importance de protéger des emplois.
Par l'intermédiaire de quatre MRC ayant formé la Société du chemin de fer de la Gaspésie, la région possédait en fait déjà ce réseau, depuis 1997 pour la portion Chandler-Gaspé et depuis 2007 pour l'axe Matapédia-Chandler.
Toutefois, les frais d'entretien élevés et quelques décisions controversées, comme l'épandage d'une solution saline sur la voie ferrée à l'été 2013, ont plongé la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) dans les dettes, au point de demander la protection du tribunal le 21 novembre.
Une page blanche
Le 22 janvier, un groupe mené par l'homme d'affaires Gilles Babin a déposé une offre pour acheter l'axe Matapédia-Caplan et le matériel roulant de la SCFG. Dans ce scénario, les MRC demeuraient propriétaires de la voie Caplan-Gaspé. M. Poëti a d'ailleurs remercié M. Babin pour cette offre.
La proposition de Transport-Québec est conditionnelle à son acceptation par le conseil d'administration de la SCFG et par les MRC. En poste depuis un an, le président de la SCFG, Éric Dubé, voit mal comment l'offre pourrait être refusée. «On va commencer sur une page blanche», dit-il.
La SCFG demeurerait propriétaire du matériel roulant, des gares et de certains terrains. M. Dubé entend demander au secteur privé de s'engager dans la gestion de la SCFG et de se mobiliser pour utiliser davantage le rail.
Grand défi
La mise à niveau des ponts enjambant la rivière Grande Cascapédia constitue le principal défi pour exploiter l'axe Matapédia-Caplan à son plein potentiel, notamment pour l'atelier de réparation ferroviaire Rail GD de New Richmond. Le ministre Poëti a dit que ce sera fait «dans les normes».
Au sujet d'un éventuel retour de Via Rail, ce qui implique au moins une remise à niveau du chemin de fer de Caplan à New Carlisle, le ministre Poëti a indiqué que pour le moment, «les chiffres [de clientèle] ne sont pas là».
Québec avait investi 27 millions $ pour le tronçon gaspésien entre avril 2012 et mars 2014, mais seulement 350 000 $ d'aide d'urgence depuis trois mois.