Depuis l'annonce de l'élargissement de l'autoroute Henri-IV, lundi matin, le ministre Blais ne parle plus du troisième lien au conditionnel, mais au futur. Selon lui, c'est une évidence que le bureau de projet du troisième lien, officialisé cet été, débouchera sur un projet concret.

Troisième lien: un train-tram sous le fleuve suggéré

Le troisième lien entre Québec et Lévis devrait prendre la forme d'un train-tram léger réunissant les deux centres-villes en passant sous le fleuve Saint-Laurent, là où il est le plus étroit, suggèrent des étudiants et des diplômés en aménagement du territoire et développement régional de l'Université Laval.
Les 33 signataires de cette proposition considèrent qu'un troisième lien destiné aux automobiles, pont ou tunnel, ne résoudrait que temporairement les problèmes de circulation puisque des ménages profiteraient de l'embellie pour s'établir sur la Rive-Sud et faire ensuite la navette Lévis-Québec, provoquant à terme de nouveaux bouchons.
«Peu importe qu'il soit situé à l'est ou à l'ouest, l'implantation d'une infrastructure de ce genre aura des impacts néfastes sur l'étalement urbain, sur la protection des terres agricoles avoisinantes et sur les émissions de gaz à effet de serre liées au transport», prédisent les étudiants. 
Le service rapide par bus (SRB) trouve grâce à leurs yeux, mais ne répondra pas à tous les besoins. «Pour mieux répartir la demande sur différents axes, nous proposons la construction d'un troisième lien reliant les deux centres-villes de Québec et Lévis, soit le secteur du Complexe Desjardins et le quartier Saint-Roch. Ce troisième lien prendrait la forme d'un système léger sur rail circulant dans un tunnel sous-fluvial», écrivent-ils.
En jaune: le trajet suggéré pour un train-tram qui passerait sous le fleuve
Entre le Vieux-Lévis et le Vieux-Port
En décortiquant les données de l'enquête Origine-Destination de 2011, les étudiants concluent que le meilleur endroit pour ajouter ce lien entre les deux rives, c'est là où le fleuve est le plus étroit, entre le Vieux-Lévis et le Vieux-Port. Ils parlent d'un «itinéraire logique» car 30 % des déplacements entre les deux villes se font de centre à centre. 
L'ajout de stations pour «s'accrocher» au SRB et au Métrobus faciliterait la vie des usagers et permettrait de «boucler la boucle» du transport en commun. La jonction avec les réseaux ferroviaire et d'autobus se ferait à la Gare du Palais. 
Sébastien Mackey, rédacteur principal de la proposition, précise qu'il n'est pas question d'un métro même si on parle d'installer des rails en souterrain. Un métro a une capacité de 200 000 à 300 000 passagers quotidiennement alors que 120 000 véhicules circulent chaque jour sur le pont Pierre-Laporte actuellement. «Ce serait un peu extravagant pour les besoins actuels», dit le jeune homme. 
Quant aux coûts, les étudiants n'ont pas voulu s'embarquer là-dedans puisque c'est au-delà de leurs compétences. «On ne voulait pas se peinturer dans le coin en sortant un prix», dit M. Mackey. Il n'a toutefois pu s'empêcher de faire une règle de trois et croit que la seule partie tunnel pourrait coûter entre 1 et 1,4 milliard $. À titre de comparaison, l'option du tunnel routier entre l'est de Lévis et Beauport, beaucoup plus long, est estimée à 4 milliards $. Une étude de faisabilité et une consultation populaire sont réclamées.