Le maire de Lévis Gilles Lehouillier plaide pour restreindre la zone d’analyse incluse dans le devis de l’étude d’opportunité sur le troisième lien à la portion est seulement.

Troisième lien: Lévis a-t-elle approuvé le devis de l’étude d’opportunité?

Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le gouvernement du Québec affirment que la Ville de Lévis a approuvé le devis de l’étude d’opportunité sur un troisième lien interrives que son maire critique aujourd’hui. Gilles Lehouillier réplique que ses questions ont été ignorées.

L’information a été lancée vendredi par le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a lui-même été consulté sur le devis. Des fonctionnaires de la Ville de Québec se sont aussi penchés dessus. C’était début décembre, avant que le gouvernement Couillard ne publie l’appel d’offres visant à trouver un consultant pour réaliser l’étude.

La procédure était la même à Lévis, a spécifié M. Labeaume. «Le devis, la Ville de Lévis a travaillé dessus, la Ville de Québec a travaillé dessus, pis on l’a accepté. On peut pas commencer à remettre ça en question. Ce que j’ai eu comme rapport, c’est fait dans les règles de l’art, c’est très bien fait. C’est large et ça doit être large aussi. C’est comme ça que ça marche. Laissons les spécialistes travailler», a lancé le maire de Québec lors d’une mêlée de presse. 

Au cabinet de la ministre déléguée des Transports, Véronyque Tremblay, on confirme la façon de procéder. «Les deux maires ont été rencontrés préalablement et leurs administrations ont été consultées. Ils étaient tous les deux à l’aise», a rapporté l’attachée de presse Marie-Ève Dion. 

Le maire de Lévis affirme plutôt qu’il a transmis une liste de questions avant l’annonce officielle, mais que celles-ci sont demeurées sans réponses. Il ne s’est pas objecté publiquement, car il pensait pouvoir en débattre au comité consultatif, dit-il. Or, ce comité n’a toujours pas été convoqué, cinq mois plus tard. Seuls les fonctionnaires se sont rencontrés plus tôt cette semaine. 

«Depuis la décision, le discours politique a évolué. C’est : nous allons réaliser le troisième lien. Il faudrait réviser le devis, car le discours politique est beaucoup plus fort que ce dit le devis», ajoute Gilles Lehouillier. 

Zone d’analyse

Celui-ci plaide depuis quelques semaines pour restreindre la zone d’analyse incluse dans le devis de l’étude d’opportunité. Au lieu d’étudier plusieurs tracés entre Saint-Augustin-de-Desmaures ou Saint-Nicolas à l’ouest et l’île d’Orléans à l’est, il voudrait se concentrer sur l’est seulement. L’élu lévisien veut aussi savoir quel type de lien est envisagé, pont ou tunnel. Pour lui, l’ajout de voies sur le pont Pierre-Laporte, une suggestion de Québec, ou l’augmentation de la capacité des traversiers ne devraient pas être considérés. 

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, Jean-François Gosselin, pense pareil. Il accuse d’ailleurs le maire Labeaume de retarder le projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis. 

«Tout le monde à Québec à part Régis Labeaume sait que le troisième lien doit se faire à l’est. C’est lui, avec sa demande d’étude d’opportunité, pis d’avoir une zone de l’ouest jusqu’à l’est [sous analyse], qui retarde le processus. Tout le monde sait que ça doit se faire à l’est pour le périphérique», a commenté vendredi le leader de Québec 21. 

Ce dernier a fait campagne l’automne dernier pour le troisième lien et contre le tramway et continue de taper sur le même clou. Il invite le gouvernement libéral à «recentrer le mandat de l’étude d’opportunité sur un troisième lien autoroutier à l’est du territoire».

Enjeu de campagne

M. Gosselin refuse de se mouiller pour un parti ou un autre en vue du scrutin provincial. «Il y a une volonté politique de la part de M. Legault [François, chef de la Coalition avenir Québec] qui est très claire et moi je m’en réjouis», dit-il par contre. Puis d’ajouter : «Un troisième lien à l’est, un parti politique qui propose de faire ça dans les plus brefs délais, d’aller de l’avant, j’appuie le projet, j’appuie l’idée et je suis content qu’on en parle. Je veux que ce soit l’enjeu majeur de la région de Québec à la prochaine campagne provinciale, je ne m’en cache pas.»