Régis Labeaume a admis vendredi qu’il trouve le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, «plein plein de bon sens». Ce dernier dit garder «l’esprit ouvert» sur le troisième lien, mais attendre les «faits, données et recommandations» des experts avant de dire s’il appuiera le mégaprojet.

Troisième lien: le maire de Québec penche plus pour Lisée que Legault

À l’approche des élections provinciales, le maire de Québec ne cache pas qu’il est plus Lisée que Legault dans le dossier du troisième lien routier Québec-Lévis.

Régis Labeaume a admis vendredi qu’il trouve le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, «plein plein de bon sens». Ce dernier dit garder «l’esprit ouvert» sur le troisième lien, mais attendre les «faits, données et recommandations» des experts avant de dire s’il appuiera le mégaprojet.

«Je suis obligé de le dire, M. Lisée a été très réaliste et très correct parce qu’il a dit probablement ce que pensent tous les experts : laissons travailler le bureau de projet», a lancé le maire. Le rapport final est attendu en 2020. 

«Quand le bureau de projet va nous sortir une cédule réaliste, on va s’apercevoir qu’on ne fera pas de miracles à Québec», a poursuivi M. Labeaume. 

Il a déjà dit la même chose à François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), rencontré récemment. La deuxième opposition pense lancer et réaliser «une bonne partie» du troisième lien (tunnel ou pont ou les deux) au cours d’un premier mandat, si elle prend le pouvoir en octobre. Elle pense pouvoir contenir la facture sous la barre des 4 milliards $.

«J’ai transmis le fait que seulement les études environnementales fédérales, ça peut être des années. Tu n’interviens pas dans le fleuve comme ça», a rapporté le maire Labeaume, donnant l’exemple du Port de Québec qui tente de faire approuver son projet d’agrandissement à la baie de Beauport. 

«Il faut être réaliste», a martelé l’élu municipal, convaincu que le projet sera beaucoup plus cher et beaucoup plus long que la CAQ l’anticipe. Selon les «spécialistes» qu’il a lui-même consultés, M. Labeaume estime que ce serait de la chance «si c’est en bas de 10 milliards $» et complété en 13 à 15 ans. 

«Si M. Legault pense le construire, il n’y a pas de problème, mais il faut qu’il l’explique. […] Il ne faut pas décevoir les gens éventuellement. Je connais ça décevoir les gens. En transport collectif, j’ai connu ça deux fois. Ça fait huit ans et regardez où on est rendus», a-t-il fait valoir. 

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SANS REMORDS FACE AUX JEUX OLYMPIQUES

L’ouverture des Jeux olympiques de PyeongChang laisse de marbre le maire de Québec. Vendredi, Le Soleil a demandé à Régis Labeaume s’il avait un pincement au cœur maintenant que les athlètes sont réunis et que les compétitions commencent en Corée du Sud. «C’est drôle. Je suis content que vous posiez la question parce que depuis six mois, un an, je regarde ce qui se passe dans le mouvement olympique, ce qui se passe avec la Russie. Je m’imagine comment, si on était candidat, on perdrait de la crédibilité», a-t-il lancé, l’air franchement soulagé. M. Labeaume se demande comment il pourrait justifier une candidature olympique avec tous ces enjeux politiques. «Moi je ne suis pas là», a-t-il assuré.