Troisième lien: le bureau de projet, une «excellente idée», dit Labeaume

Le maire Régis Labeaume qualifie d'«excellente idée» le bureau de projet annoncé mardi pour le troisième lien routier Québec-Lévis. «Ça va permettre de mettre de côté tous les apprentis sorciers ou les politiciens qui font de la démagogie là-dessus», dit-il.
Invité à réagir à l'annonce impromptue du ministre Laurent Lessard, le maire de Québec a répété jeudi qu'«il est temps de travailler sérieusement là-dessus». «Qu'ils [les dirigeants du ministère des Transports] mettent des professionnels, qu'ils prennent le temps de voir ce qu'il en est, d'évaluer la circulation, etc., de faire un travail avec une démarche scientifique complète», a-t-il lancé.
M. Labeaume n'a pas idée encore de l'échéancier ni du budget de la structure à créer. Il se dit prêt à y déléguer des ressources humaines. 
L'élu municipal ne craint pas que le gouvernement du Québec achète du temps en créant un bureau de projet sur un éventuel troisième lien, comme sur l'élargissement de l'autoroute Laurentienne d'ailleurs. «Je trouve que les bureaux de projet, c'est un bel outil. Les villes sont là. [...] De mettre des professionnels qui s'y connaissent au lieu que des politiciens placotent pis disent n'importe quoi, moi, je pense que c'est une bonne idée.»
Quant à l'annulation de la rencontre du comité de coordination politique du troisième lien, mercredi, M. Labeaume y voit la preuve des limites du politique dans pareil dossier. À la dernière minute, le ministre Lessard a décommandé les maires de Québec et Lévis ainsi que les ministres des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. À la Ville de Québec, on affirme ne pas savoir pourquoi.  
Le maire Labeaume n'a pu s'empêcher de railler le projet de l'ingénieur Jacques Huot, poussé par le ministre Steven Blaney. Tous deux proposent de confier au privé la réalisation d'un pont-tunnel passant par l'île d'Orléans, lequel serait prêt dans six ans et coûterait 3 milliards $ et serait financé par un péage. «Ah, l'apprenti sorcier qui fait ça en six ans? C'est assez extraordinaire. Ça doit être un génie, ce gars-là. Ça s'est jamais fait dans le monde, mais lui... C'est sûrement un génie, un génie. Il est vraiment temps qu'on passe à quelque chose de sérieux avec un bureau de projet», a-t-il grommelé.