Le député des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, et celui de Lévis, François Paradis

Troisième lien: la CAQ veut connaître l'échéancier

Après une semaine marquée par trois heures de pointe matinales très difficiles en direction du pont Pierre-Laporte, la Coalition Avenir Québec demande au gouvernement libéral de déposer l'échéancier pour la construction d'un troisième lien entre Lévis et Québec.
«Assez, c'est assez! Ça fait sept mois qu'il y a un bureau de projet pour le troisième lien et il n'y a pas de résultats, pas d'échéancier. Qui sait ce qu'on fait là? Qui travaille là? Qu'est-ce qu'il y a sur la table? Les citoyens nous interpellent de plus en plus, tous sont unanimes: il faut que des choses se fassent», a déclaré le député caquiste de Lévis, François Paradis, en point de presse vendredi matin.
«Il serait temps, après cette semaine de fous, par respect, que le gouvernement exprime l'importance qu'il accorde à cela», a-t-il ajouté, qualifiant de «rentrée ratée» le bilan de la semaine du ministère des Transports sur les routes de la rive sud.
Lundi, mardi, et mercredi, en raison d'accidents ou de pannes à la sortie du pont Pierre-Laporte, la circulation matinale y a été retardée de plus d'une heure à chaque occasion. «Est-ce normal qu'à chaque fois qu'il y a un accrochage ou une voiture en panne, qu'on se retrouve dans une ville paralysée?» s'est interrogé M. Paradis.
Son collègue des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, demande que le gouvernement respecte sa parole donnée en 2014 concernant la mise en place d'un troisième lien. «De plus en plus de citoyens me disent qu'ils veulent déménager ou changer d'emploi pour ne plus aller sur la rive nord.»
M. Picard a même invité le ministre des Transports, Laurent Lessard, et la ministre déléguée aux Transports, Dominique Vien, deux résidents de Chaudière-Appalaches, à «sortir de leurs limousines et à essayer de traverser le pont le matin». «Ils seront peut-être en retard à la période de questions...», a-t-il laissé tomber.
François Paradis a aussi rappelé qu'en 10 ans, il y avait 115 000 automobiles de plus dans le secteur. «Et la réponse à cela, c'est un troisième lien dans l'est!»
François Paradis aimerait voir le ministère déposer «une solution sur la table» d'ici quatre ans. «Si la CAQ accède au pouvoir, il y aura un troisième lien, mais il ne faut pas que ce dossier devienne un enjeu électoral pour 2018. Il faut agir rapidement. En attendant, toutes les solutions qui peuvent ôter de la pression sur la population doivent être analysées.»
Pas d'alliance avec Québec 21
Par ailleurs, MM Paradis et Picard ont dit ne pas se préoccuper que leur point de presse, en pleine campagne électorale municipale, puisse aider le parti Québec 21, qui prône justement la mise en place d'un troisième lien.
«Honnêtement, notre souci à nous, c'est d'aider le citoyen. Je m'éloigne des élections municipales», a déclaré François Paradis. Lui et son collègue Picard maintiennent toutefois que la CAQ souhaite un troisième lien dans l'est, contrairement au maire de Québec, Régis Labeaume, qui le voudrait dans l'Ouest. «En toute logique, je ne comprends pas pourquoi on le mettrait à l'ouest», a conclu Marc Picard.
Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, s'est montré ravi que l'enjeu soit repris. «Tant mieux si les élus provinciaux embarquent là-dedans aussi. Tant mieux, il faut aller de l'avant avec ce projet-là», a-t-il martelé, assurant qu'il n'y avait pas de discussions entre son organisation et la CAQ malgré leurs idées communes.  Avec Annie Morin