Le ministre François Bonnardel est allé à Ottawa, il y a deux semaines, présenter son nouveau tracé du futur lien sous-fluvial entre Québec et Lévis.

Troisième lien: 40 % du fédéral ou un péage

Le ministre des Transports du Québec compte sur «un financement fédéral de 40 % pour le tunnel Québec-Lévis». Sinon, «on a dit que le péage n’était pas une priorité, mais on va étudier toutes les formes de financement possibles».

François Bonnardel est allé à Ottawa, il y a deux semaines, présenter son nouveau tracé du futur lien sous-fluvial entre Québec et Lévis à la ministre canadienne de l’Infrastructure, Catherine McKenna, ainsi qu’au président du Conseil du Trésor fédéral et député de la circonscription de Québec, Jean-Yves Duclos.

«Il est prématuré de dire de quelle façon les sommes seront dédiées», a répété M. Bonnardel, mercredi, au parlement de Québec, réaffirmant que le coût global du projet de troisième lien n’est pas encore connu. Pas plus que le montage financier pour le payer.

Il assure que ses deux homologues étaient «très heureux» de voir ce nouveau tracé centre-ville à centre-ville reliant les systèmes de transport en commun autant sur la rive-nord que sur la rive-sud.

Le ministre Bonnardel demande même un «engagement» du fédéral avant la prochaine élection fédérale d’octobre 2023.

Par contre, chez les libéraux fédéraux, on attend toujours de recevoir un projet concret, détaillé et chiffré avant de s’engager à y mettre le moindre dollar.

«On commence à parler de financement, dit M. Bonnardel. On a besoin du fédéral pour financer. D’habitude, par exemple dans les projets routiers, le fédéral finance 40 %. Je m’attends à être capable d’aller chercher 40 %, que ce soit par la Banque d’infrastructure ou un autre programme.»

Et même sans l’argent fédéral, le projet de troisième lien ne coulera pas pour autant, assure le ministre.

«On a déjà dit que le péage n’est pas une priorité, mais on va étudier toutes les formes de financement possible. Tout est sur la table», conclut le ministre québécois des Transports.

Un prix de 4 milliards $ a été évoqué pour la construction du futur tunnel Québec-Lévis, mais aussi 6 milliards $ et même 10 milliards $.

L’argent du transport collectif

Le président du Conseil du Trésor provincial, Christian Dubé, est moins affirmatif sur la part de ce projet qu’assumera le gouvernement fédéral.

«La Banque d’infrastructure peut aller jusqu’à 40 %, selon l’achalandage. Lorsqu’on aura la bonne information sur l’achalandage, comme gouvernement responsable, on ira chercher le maximum du fédéral. Dans le  cas du tramway de Québec, on est allé chercher le maximum. Mais il est encore tôt pour se prononcer dans ce cas-ci», tempère M. Dubé.

Chose sûre, une tranche des dépenses du gouvernement québécois pour l’éventuelle construction d’un troisième lien Québec-Lévis sera portée à la colonne du transport collectif.

Le budget annuel publié par le ministre des Finances Eric Girard, mardi, en fait foi. Le projet de tunnel y est inscrit dans la planification à la fois du volet routier et du volet de transport collectif.

«Une portion très importante du tunnel va servir au transport collectif. C’est pour ça qu’on a décidé de diviser en deux parties ce qui va aller du côté du transport collectif et du transport routier. En deux parties, mais pas nécessairement moitié-moitié. Lorsqu’on aura la connaissance des coûts, on l’allouera dans les bonnes proportions», indique le ministre Dubé.