Caroline Roberge et Jeanne D'Arc Delisle du Regroupement citoyen de l'Île d'Orléans ont été entendues par le ministère de la Culture du Québec et la MRC de L’Île-d’Orléans qui renflouent les coffres du Programme d’aide à la restauration patrimoniale.

Trois millions $ pour les rénovations patrimoniales à l’île d’Orléans

La MRC de L’Île-d’Orléans débloque 3 millions $ pour aider les propriétaires de maisons patrimoniales à entreprendre leurs rénovations. Une annonce qui ne calme toutefois pas la grogne du Regroupement de citoyens du site patrimonial de l’île d’Orléans.

Prévu par le gouvernement depuis l’hiver dernier, l’argent servira à renflouer jusqu’en 2024 le Programme d’aide à la restauration patrimoniale, dont les fonds étaient épuisés depuis 2017.

Ce montant prévoit une aide d’urgence de 515 000 $ qui permettra aux projets d’une quinzaine de propriétaires qui se trouvent sur la liste d’attente du ministère de la Culture d’aller de l’avant. 

«La liste d’attente va s’éliminer et il y a des efforts supplémentaires qui ont été consentis pour que dans les années à venir, on n’ait pas à revivre ça, une liste d’attente», explique Chantal Cormier, dg de la MRC de L’Île-d’Orléans. 

Un nouveau volet de l’aide financière servira aux propriétaires dont les travaux nécessitent des fouilles archéologiques, ce qui est souvent exigé par le ministère de la Culture. 

«Nous annonçons enfin le résultat de près de 10 mois de travail concerté. Nous posons des gestes concrets qui résultent de l’oreille attentive prêtée aux citoyennes et aux citoyens de l’île d’Orléans depuis notre arrivée au gouvernement», a commenté la ministre de la Culture Nathalie Roy par voie de communiqué. 

Pour Caroline Roberge, porte-parole du Regroupement de citoyens du site patrimonial de l’île d’Orléans, cette annonce «ne change rien». Les délais avant d’obtenir un permis et les tracasseries patrimoniales sont loin d’être réglés. «Sur le terrain, on a encore des citoyens qui se sont fait refuser le remplacement de leur toit en bardeau d’asphalte et d’autres qui ont eu des constats d’infraction du ministère de la Culture», décrit-elle. 

Mme Roberge déplore également que la MRC de L’Île-d’Orléans plafonne à 35 000 $ la subvention que peut recevoir un propriétaire pour remplacer un toit en tôle, alors que le coût de tels travaux peut atteindre 80 000 $. 

Chantal Cormier, dg de la MRC de L’Île-d’Orléans, évalue plutôt le coût moyen de tels travaux à 50 000 $, ce qui laisse au propriétaire une facture qui ressemble à celle qu’il aurait à payer pour un toit en bardeau d’asphalte.

Des actions à venir

La députée caquiste Émilie Foster comprend que l’annonce faite par son gouvernement et la MRC vendredi ne règle pas le problème en entier. «L’argent ne règle pas tout. Je vous dirais qu’on est dans une série d’actions et d’annonces. D’autres viendront d’ici l’automne», assure-t-elle. 

Depuis qu’elle a été élue l’automne dernier, Mme Foster tente d’aplanir les tensions qui existent entre les citoyens de l’île d’Orléans et les fonctionnaires du ministère de la Culture. 

«L’île d’Orléans est le seul territoire au Québec qui est complètement soumis à un plan patrimonial. Oui, il faut protéger l’île, mais en même temps, c’est un milieu de vie pour les gens. Il faut trouver l’équilibre», soumet Mme Foster. 

C’est pourquoi, ces derniers mois, toutes les récriminations et les dossiers litigieux qui existent entre des insulaires et le ministère de la Culture ont été portés à l’attention du Conseil du patrimoine culturel du Québec (CPCQ), un organisme indépendant. 

Mme Foster explique que son gouvernement attend les recommandations de cet organisme au cours des prochaines semaines avant de poser d’autres gestes.