Le Armand-Imbeau est l'un des deux traversiers qui relient Tadoussac à Baie-Sainte-Catherine.

Trois fois le prix annoncé pour un quai à Tadoussac

La construction d’un quai d’amarrage à Tadoussac coûtera trois fois plus cher qu’annoncé à la Société des traversiers du Québec (STQ).

Quand il a été soumis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), le projet consistant à doter le quai garage de la traverse Tadoussac—Baie-Sainte-Catherine d’un duc-d’Albe était estimé à un million de dollars. C’est d’ailleurs le montant qui a été répercuté pendant tout le processus d’approbation par les autorités environnementales.

En commission parlementaire lors de l’étude des crédits budgétaires, le président-directeur général par intérim de la société d’État, François Bertrand, a toutefois révélé que le nouveau quai aurait plutôt une «valeur globale de près de 3 millions $». La provision a été inscrite au Plan québécois des infrastructures (PQI). 

La porte-parole de la Société des traversiers du Québec, Julie Drolet, explique la différence par le raffinement des plans et la consolidation des frais afférents. «Ce montant [initial d’un million $] était plutôt le budget de construction préliminaire de l’infrastructure et non le budget global du projet. Le projet était à ce moment-là avec un design de quai préliminaire. Depuis, le travail de validation du design et l’élaboration des plans d’ingénierie détaillés ont notamment été effectués, menant à des modifications au plan initial», a-t-elle fait savoir au Soleil

En plus de ces modifications, il faut ajouter des frais de surveillance de chantier, des honoraires professionnels pour les travaux d’ingénierie et des frais de contingence pour arriver à la facture finale. 

Si on s’arrête strictement au budget de construction de l’infrastructure elle-même, le budget est passé de 1 000 000 $ à 1 344 337 $. Le contrat a été remporté par les Entreprises R & G. St-Laurent de Baie-Comeau après un appel d’offres public. 

Quelle planification?

Martin Ouellet, député péquiste de la circonscription de René-Lévesque, s’inquiète de ce qu’il considère comme un dépassement de coûts et critique la gestion de la STQ en général. «Encore une fois, on se demande quelle a été la planification. Les gens ont l’impression de se faire prendre pour des dupes», lance-t-il. 

M. Ouellet rappelle que ces aménagements sont faits pour accommoder les deux traversiers en construction au chantier maritime Davie, à Lévis, dont la facture a également explosé. Le Armand-Imbeau II et le Jos-Deschênes II devaient coûter 125 millions $, mais le gouvernement du Québec déboursera finalement 324 millions $ pour les recevoir avec plusieurs années de retard. 

Les travaux de construction du nouveau quai d’amarrage achèvent à Tadoussac. La livraison est prévue à la mi-juin. Situé à une vingtaine de mètres du quai garage, auquel il sera relié par une passerelle, le duc-d’Albe est composé d’un butoir en béton déposé sur des pieux d’acier au beau milieu de l’eau. Il facilitera l’accostage des nouveaux traversiers, plus longs que les existants. 

En raison de la présence de mammifères marins dans le secteur, des règles de construction strictes ont dû être observées pendant le chantier. 

«Les travaux sous-marins ont été réalisés durant la faible fréquentation des bélugas telle que déterminée par Pêches et Océan Canada, soit du 1er novembre au 1er avril. Des mesures de protection additionnelles ont également été mises en place pour protéger les mammifères marins qui pourraient se trouver à proximité durant les travaux ainsi qu’une surveillance visuelle permanente pour s’assurer qu’aucun béluga ne pénètre dans un rayon de 600 mètres de la zone de travaux», explique Julie Drolet.