Trois ans de pénitencier pour des menaces à un agent correctionnel

«Aimerais-tu ça que ta maison brûle pendant que tu es en train de travailler?»

Le détenu Jessy Émond, 28 ans, vient de se faire maîtriser par les agents correctionnels de l’Établissement de détention de Québec, après s’être barricadé dans sa cellule, le 22 juillet 2018.

Il lance cette phrase inquiétante à l’agent correctionnel qui le fouille avant de l’amener en isolement.

L’agent correctionnel ne prendra pas cette menace à la légère. Car depuis une dizaine de jours, son adresse circule parmi les détenus. Émond est le deuxième détenu à y faire allusion.

À ce moment, le ministère de la Sécurité publique entame des démarches pour déménager son agent correctionnel.

L’agent passera quand même 10 jours dans la crainte, à sursauter au moindre craquement de plancher. «L’agent ne voulait pas être présent aujourd’hui, mais il a expliqué à quel point la situation était étouffante pour lui», a fait valoir le procureur de la Couronne Me Mathieu Rochette. 

Le 18 avril, Jessy Émond a croisé de nouveau le même agent correctionnel dans le bloc cellulaire du palais de justice de Québec. En colère, il a répété la menace de brûler sa maison.

Ajout à la peine

Ébranlé sur le moment, l’agent correctionnel a dû interrompre son quart de travail. 

Émond a plaidé coupable mercredi aux deux dossiers d’intimidation d’une personne liée au système judiciaire.

Il a été condamné à une peine supplémentaire de trois années de prison. Jessy Émond purge déjà une peine de deux ans pour différents crimes contre la personne. 

«Les officiers correctionnels ont droit à la protection et au respect qu’ils méritent», a souligné le juge Sébastien Proulx de la Cour du Québec.