Attendu au port de Matane mardi pour venir prendre la relève du traversier <em>F.-A-.Gauthier, </em>le <em>Saaremaa I </em>a connu des ennuis au large de Bécancour, après avoir largué les amarres du port de Trois-Rivières.
Attendu au port de Matane mardi pour venir prendre la relève du traversier <em>F.-A-.Gauthier, </em>le <em>Saaremaa I </em>a connu des ennuis au large de Bécancour, après avoir largué les amarres du port de Trois-Rivières.

Traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout: nouveau chapitre à la saga des traversiers

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
MATANE – Attendu au port de Matane mardi pour venir prendre la relève du traversier F.-A-.Gauthier, le Saaremaa I a connu des ennuis au large de Bécancour, dimanche, après avoir largué les amarres du port de Trois-Rivières. Le navire a donc dû rebrousser chemin. Après avoir réglé un problème de nature électrique, le bateau a repris la mer vers 14h lundi.

Pour reprendre sa navigation en sens inverse vers Trois-Rivières, le navire de relève, acquis l’an dernier par la Société des traversiers du Québec (STQ) au coût de 45 millions $, a navigué par ses propres moyens, assisté du remorqueur Ocean Charlie. «Il est toujours accompagné d’un remorqueur au cas où il se passerait quelque chose, explique le porte-parole de la STQ, Alexandre Lavoie. C’est pour être sécuritaire. S’il devait y avoir quelque chose de très grave, pour ne pas que le bateau parte à la dérive, il y a toujours un remorqueur dans ces cas-là qui l’assiste.»

Une fois revenu au port de Trois-Rivières, le Saaremaa a fait l’objet d’investigations dans la soirée et dans la nuit de dimanche à lundi pour comprendre la nature du problème. «On a remplacé une pièce, précise M. Lavoie. Les derniers tests ont eu lieu ce matin [lundi] avec la nouvelle pièce et tout était fonctionnel et en parfait état.»

Retard pour la relève

Avec ce délai, il est peu probable que le Saaremaa soit en mesure de prendre la relève du F.-A.-Gauthier comme prévu mardi. Selon Alexandre Lavoie, l’échéancier sera possiblement retardé d’environ 24 heures. Celui-ci assure que le F.-A.-Gauthier ne quittera pas son port d’attache de Matane et continuera à faire ses traverses quotidiennes entre Matane et la Côte-Nord tant et aussi longtemps que son remplaçant ne sera pas prêt à prendre la relève. 

«C’est sûr qu’il va y avoir un bateau et une traverse. On veut offrir le service pour tous les départs qui étaient affichés. Pour les clients, à part que le navire ne sera pas le même, on ne change pas l’horaire. Il reste à savoir à quel moment le Saaremaa prendra exactement la relève du F.-A.-Gauthier […]. Il nous restera à resynchroniser les équipages qui opéraient le F.-A.-Gauthier pour travailler sur le Saaremaa pour qu’on puisse continuer à offrir le service. C’est une question de ressources humaines pour s’assurer que nos équipages soient prêts. Pour les clients, il va y avoir un bateau assurément.»

Le Saaremaa sortait d’une cale sèche

Le Saaremaa avait quitté le chantier Davie de Lévis au début septembre, après des travaux réglementaires imposés par Transports Canada. «Il était en cale sèche depuis le début de l’été, confirme le porte-parole de la STQ. Tous les navires, tous les cinq ans, doivent faire l’objet d’une cale sèche où l’on inspecte un paquet d’affaires. Une fois sortie de l’eau, on inspecte la coque et on la repeinture pour s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes, pas trop de corrosion ou autres. L’inspection périodique des propulseurs se fait aussi pendant cette cale sèche, compte tenu qu’ils sont sortis de l’eau. Puis, il y a un paquet d’autres inspections qu’il faut faire aussi.»

Dans le milieu maritime, les certifications sont délivrées pour une durée limitée. «Dans ce cas-là, les certifications durent cinq ans, spécifie Alexandre Lavoie. On fait les travaux nécessaires et la Société de classification revient voir. Si c’est en bon état de fonctionner, on prolonge et renouvelle la certification pour une autre durée de cinq ans, jusqu’à la prochaine cale sèche. Ce sont vraiment des pauses dans la vie d’un navire aux cinq ans qui sont obligatoires.» Après être sorti du chantier naval, le Saaremaa est retourné à Trois-Rivières pour subir différents autres travaux avant de partir pour Matane.

Remise en fonction du système au GNL

Une fois que le bateau de relève aura accosté au port de Matane, le F.-A.-Gauthier prendra la mer jusqu’à Trois-Rivières pour son arrêt technique annuel de six semaines. Celui-ci était prévu au printemps. «La pandémie l’a repoussé à l’automne», indique le porte-parole de la STQ. 

La société d’État profitera de l’occasion pour remettre en fonction son système au gaz naturel liquéfié (GNL). Depuis sa remise en fonction en janvier, après un an de réparations, le navire fonctionne au diesel marin. «À la remise en service du système de GNL, on s’est rendu compte que l’année d’arrêt avait occasionné des bris sur quelques pièces, explique M. Lavoie. Il fallait commander les pièces. Ça a pris un petit peu plus de temps que prévu à cause de la COVID et surtout parce que c’est toute une opération de redémarrer le système de GNL, qui demande que le navire soit à l’arrêt quelques jours. On ne voulait pas faire un bris de services pour remettre en services le GNL quand on est capables d’offrir le service avec du diesel marin.»

Le Saaremaa I, ce navire à pont ouvert qui a dû annuler une quarantaine de traversées entre Matane, Godbout et Baie-Comeau l’automne dernier, risque-t-il encore une fois d’être cloué à quai régulièrement pendant les six semaines prévues pour l’arrêt technique du F.-A.-Gauthier? Tout dépendant des conditions météorologiques et des aléas du fleuve Saint-Laurent, l’avenir le dira.