«Si on commence un plan, est-ce que c’est équitable? Si quelqu’un a subi des travaux il y a cinq ou sept ans, il va vouloir être compensé. Ce n’est pas évident», a dit Régis Labeaume, lundi.

Travaux: Labeaume ouvert à une compensation, mais...

Le maire de Québec confirme évaluer la possibilité de mettre sur pied un plan de compensation financière pour les commerçants qui subiront dans l’avenir des baisses de revenus en raison de travaux majeurs. Du même souffle, il refuse de confirmer que les gens d’affaires de la route de l’Église recevront une aide.

«Je les comprends. J’ai beaucoup d’empathie pour eux. Mais je ne peux pas vous faire de promesses. Je ne peux rien vous garantir. J’embarque dans le dossier. Il y a des gens qui nous disent qu’ils ont de grosses pertes et d’autres qui n’en ont pas. La vérité n’est pas évidente», a lancé Régis Labeaume peu avant la tenue du premier conseil municipal de la rentrée.

«Si on commence un plan, est-ce que c’est équitable?» questionne-t-il. «Si quelqu’un a subi des travaux il y a cinq ou sept ans, il va vouloir être compensé. Ce n’est pas évident», précise le maire, soulignant que des travaux d’envergure auront cours sur d’autres artères commerciales dans les prochaines années.  

«À Montréal, ils paient par compensation à même des états financiers vérifiés. Et il faut faire la preuve que tu as perdu de l’argent aussi», avise-t-il. Une rencontre est d’ailleurs prévue prochainement avec la mairesse de la métropole, Valérie Plante, pour discuter des mesures compensatoires mises de l’avant par Montréal.

Le maire a entrepris cette réflexion du fait qu’il y aura assurément un plan de compensation pour la construction du réseau structurant de transport en commun. «Ça ne sera pas des baisses de taxes», a-t-il rejeté d’entrée de jeu, comme le suggère le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau.

Depuis une semaine, M. Rousseau et les élus de l’opposition officielle à Québec 21 s’inquiètent de l’absence d’un plan de compensation, tout comme ils craignent des dépassements de coût du projet de 3,3 milliards $.

«On va vous revenir avec un plan de compensation détaillé», a-t-il promis. Pour ce qui est de possibles dépassements du budget, il garde confiance. «C’est un des rares projets qui a comme réserve pour inflation, contingence et risque 21 % du budget. Il y a 700 millions $ qui sont mis de côté pour les imprévus et l’inflation.»

Le dossier des compensations est né cet été en lien avec les travaux de transformation majeurs de 13,6 millions $ de la route de l’Église entre le chemin des Quatre Bourgeois et le boulevard Hochelaga.

Les difficultés des commerçants du secteur ont été mises au jour le 19 juillet, quand le propriétaire du Shack, Mathieu Girard, annonçait sur Facebook qu’il mettait la clef sous la porte à cause des travaux.