Mélanie Dinel est contremaître de production à l’usine Tricentris de Gatineau.
Mélanie Dinel est contremaître de production à l’usine Tricentris de Gatineau.

[AU FRONT] Mélanie Dinel, centre de tri: le recyclage demeure essentiel

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui le quotidien continue. Des personnes qui permettent d’offrir quelques sourires dans nos vies chamboulées.

Mélanie Dinel est contremaître des opérations depuis 15 ans au centre de tri de matières recyclables de Tricentris à Gatineau. L’organisme à but non lucratif gère deux autres centres de tri à Lachute et à Terrebonne ainsi qu’une usine de micronisation du verre à Lachute. Tricentris compte quelque 225 employés, dont environ 80 à Gatineau. Les matières viennent des collectes sélectives faites chez les résidents, notamment. Plus de 60 000 tonnes de matières recyclables sont traitées à l’usine gatinoise chaque année.

Q: Comment la pandémie de COVID-19 affecte-t-elle votre travail à l’usine ?

R: En fait, on reçoit plus de choses en ce moment parce que les gens sont davantage à la maison. Ils cuisinent davantage et prennent aussi le temps de faire du ménage. Il y a aussi un arrêt de la collecte de contenants consignés. Les gens n’apportent donc plus leurs canettes et leurs contenants de produits recyclables à l’épicerie. On reçoit environ 20 % de plus de matière au centre de tri qu’à la normale.


« Il faut éviter de déposer des mouchoirs, des gants, des masques, des couches souillées. On en voit très peu, mais c’est un bon message à véhiculer aux gens. Il faut bien recycler, continuer de faire un effort, et ne pas oublier qu’il y a des gens qui trient ces articles. »
Mélanie Dinel

Q: Quelles mesures sont prises à l’usine pour respecter les consignes de distanciation physique ? Quelles protections prenez-vous ?

R: Ici, on travaille déjà avec des gants, des lunettes, des masques N95. Ces mesures sont donc encore présentes. Les gens sont donc habitués à ces équipements. On a de la désinfection quotidienne qui est faite tous les matins. Tous les jours, une compagnie vient faire la désinfection complète du centre de tri, des aires communes, des salles de tri, des vestiaires. On a ajouté cela. Il y a aussi nos travailleurs à l’entretien qui font davantage de nettoyage. Ils lavent plus fréquemment les tables, les poignées de porte, les fours micro-ondes, les devantures des réfrigérateurs, tout ce qui est touché par les gens. C’est nettoyé beaucoup plus fréquemment qu’à l’ordinaire. Il y a aussi une distanciation sociale.On a réaménagé notre cafétéria de sorte que les gens aient une distance entre eux. Pour les pauses, avant il y avait un arrêt de production et tout le monde allait prendre leur pause ensemble. Maintenant les pauses sont données en sous-groupes pour qu’il y ait le moins de gens possible en même temps en pause dans nos aires communes. Les employés sont appelés à se laver les mains bien plus souvent qu’avant la période COVID. On fait des rappels régulièrement. Quand nos gens prennent leur pause pour le dîner ou autre, on leur donne le temps de bien retirer leur masque de façon sécuritaire avec les mains propres.

Mélanie Dinel

Q: Qu’est-ce que les gens doivent éviter de déposer dans leur bac de recyclage et quels conseils pouvez-vous donner aux gens qui recyclent durant la crise ?

R: Il faut éviter de déposer des mouchoirs, des gants, des masques, des couches souillées. On en voit très peu, mais c’est un bon message à véhiculer aux gens. Il faut bien recycler, continuer de faire un effort, et ne pas oublier qu’il y a des gens qui trient ces articles. Nous avons une page Facebook. Si les gens ont des questions, s’ils ne sont pas sûrs qu’un produit va dans le bac, ils peuvent nous suivre sur la page Facebook de Tricentris. Nous sommes très proactifs, les gens vont répondre rapidement sur notre page. Comme il y a une augmentation des matières recyclables, nous sommes à la recherche de trieurs, de trieuses. Nous avons de l’emploi et on cherche des gens pour venir nous aider.

Q: Est-ce que la pandémie actuelle va changer des choses dans votre entreprise ?

R: Il y a un sarrau qui sera porté par nos trieurs. La commande a été passée et on les attend. Ça, ça va demeurer. Les gens auront donc une protection supplémentaire. Ils pourront retirer leur sarrau avant de retourner à la maison. Comme dans toute situation qui sort de l’ordinaire, il y a des belles choses qui en sortent de ça. Ici, on voit un bel élan de soutien, de solidarité. On prend soin des gens. Même s’ils respectent la distanciation, ils échangent sur leurs inquiétudes. Nos trieurs et trieuses font un travail qui est vraiment très, très important. On organise des petites choses pour les aider à passer au travers et essayer de les aider à moins penser à tout ça. Je pense à des dîners avec distanciation sociale, des friandises. Quand on fait ces actions, on tente d’acheter local. Le sentiment d’appartenance, on le sent beaucoup, beaucoup auprès de nos trieurs. Ils sont contents d’être ici malgré la situation. Ils sont contents d’avoir un travail. On voit qu’ils sont fiers d’être des Tricentrisiens.