Transport en commun: une «tarification sociale» souhaitée par un collectif

À l’instar de ce qui se fait à Gatineau, Winnipeg et Calgary, Québec devrait mettre en place une mesure de tarification sociale du transport en commun basée sur le revenu, selon le Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec (TRAAQ). «Il y a urgence en la matière», lance Émilie Frémont-Cloutier.

Cette mesure permettrait à des personnes à faible revenu de bénéficier d’un tarif généralement réduit de 50% pour utiliser le transport en commun. Il leur suffit de se présenter dans un bureau de la société de transport et de présenter une preuve de revenu pour s’inscrire. Cette façon de faire permet une certaine confidentialité, selon Mme Frémont-Cloutier.

Elle explique que de plus en plus de personnes à faible revenu doivent se tourner vers les banlieues pour avoir des logements accessibles, mais que se faisant, ils se retrouvent loin des services de proximité. Ils doivent donc se déplacer avec le transport en commun qu’ils n’ont pas nécessairement les moyens de se payer.

À Calgary, ville «pionnière» en la matière, une étude d’un organisme a démontré que l’implantation de ce type de tarification a eu des impacts «considérables» sur les ménages à faible revenu, rapporte Mme Frémont-Cloutier. Avec un accès plus abordable au transport collectif, ceux-ci ont un meilleur accès aux épiceries et à leur rendez-vous médicaux.

Elle ajoute que les investissements dans les services médicaux et communautaires gratuits sont en quelque sorte perdus si les personnes auxquels ils s’adressent ne peuvent s’y rendre.

Lorsqu’on veut développer le réseau de transport en commun, les arguments voulant que les citoyens désirent plus de choix reviennent, mais on oublie souvent les personnes qui n’ont aucun autre choix, poursuit-elle.

À Winnipeg, les opérations pour la tarification sociale coutent 5,9 millions $.

Selon l’animatrice au TRAAQ, l’argument relatif à la complexité d’implanter ce système dans les grandes villes ne tient plus la route, puisque New York a décidé d’aller de l’avant dans ce projet.

Le TRAAQ a déjà entamé des représentations auprès de la Ville de Québec. Émilie Frémont-Cloutier dit percevoir une ouverture de la part de l’administration. Le maire Régie Labeaume se dirait attentif à la consultation que la Ville de Montréal entreprendra en janvier.

L’organisme a également rencontré des représentants du ministère des Transports le 6 décembre dernier et «c’est un work in progress» pour rencontrer d’autres ministères.