Québec tarde à se doter d'un réseau de transport en commun structurant comme le SRB, selon une coalition de groupes environnementaux.

Transport en commun: Québec traîne la patte

Québec est la seule parmi les villes canadiennes de taille comparable à n’avoir pas encore de réseau structurant de transport en commun, rail ou bus. Le temps presse de s’en doter, plaide une coalition de groupes environnementaux.

La coalition formée d’Accès transports viables, du Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale, d’Équiterre, de la Fondation David Suzuki, des Jeunes de Québec pour la mobilité durable, de Trajectoire Québec et de Vivre en Ville a étudié les cas des villes d’Ottawa, Winnipeg, Hamilton, Surrey ainsi que des régions de Brampton et Mississauga, de Waterloo aussi.

Toutes ces agglomérations ont un réseau de transport structurant — donc avec voies réservées sans partage avec les voitures — en fonction ou en chantier depuis plusieurs années, est-il noté dans un communiqué de presse diffusé lundi. La grosse majorité a développé un système léger sur rail (SLR), à l’exception de Winnipeg qui a opté pour un service rapide par bus (SRB). 

«Ça démontre l’ampleur de notre retard. Tout le monde fait plus vite que nous», lance Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l’environnement (CRE) de la Capitale-Nationale et membre du comité de mobilité durable mis sur pied par la Ville de Québec. 

Ce «nous» inclut la Ville de Québec, mais aussi le gouvernement provincial, qui a décidé d’investir l’argent fédéral dans les routes ces dernières années. Les autres provinces canadiennes ont majoritairement fait le choix du transport collectif. 

Accélérer la cadence

Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables et lui aussi membre du même comité municipal, estime qu’«il faut rapidement jouer nos cartes», car les subventions sont vite distribuées et pourraient même carrément disparaître si un changement de gouvernement survient au provincial ou au fédéral. «On ne sait pas quels seront les résultats. Parfois les programmes peuvent être considérablement modifiés», souligne-t-il. 

M. Grandmont croit que l’administration Labeaume est bien consciente des échéanciers et pourrait accélérer la cadence considérant le résultat des dernières élections. Environ 70 % des électeurs ont voté pour des partis en faveur d’un nouveau projet de transport en commun. 

De passage au Pignon bleu, lundi midi, afin de parler des améliorations apportées au système d’allocation canadienne pour enfants, le ministre fédéral de la Famille et député de Québec, Jean-Yves Duclos, a répété que l’administration Labeaume ne devait pas tarder afin de déposer son projet de transport collectif en vue d’un financement. «Il faut faire les choses avec une certaine rapidité parce que ces projets prennent du temps à se développer et que les gouvernements changent. […] Si on ne veut pas rater le bateau, il faut le faire le plus rapidement possible, tout en le faisant bien.»

Avec Normand Provencher