Près de 725 personnes se sont déplacées à l'une des quatre séances de consultation sur la mobilité durable tenues par la Ville de Québec, dont les deux dernières avaient lieu samedi.

Transport en commun: Labeaume veut mieux servir les banlieues

Surpris de la popularité des consultations publiques sur la mobilité durable, Régis Labeaume se dit prêt à repenser un projet qui servira mieux les banlieues est et nord de Québec que le SRB. Le maire de Québec assure toutefois que la «restructuration majeure» du RTC, qui sera annoncée à l'automne, répondra à elle seule à plusieurs des demandes des citoyens.
Régis Labeaume se dit convaincu que la restructuration prévue au Réseau de transport de la Capitale améliorera grandement le transport en commun de sa ville.
C'est près de 725 personnes qui se sont déplacées à l'une des quatre séances de consultation sur la mobilité durable tenues par la Ville de Québec, dont les deux dernières avaient lieu samedi. Du nombre, 160 ont pris la parole pour exposer leur vision de l'avenir du transport collectif à Québec. À cela s'ajoutent 5500 citoyens qui avaient déjà rempli, samedi matin, le questionnaire sur la mobilité mis en ligne par la Ville. 
«Aujourd'hui, je n'en reviens pas du nombre de personnes», a admis Régis Labeaume à sa sortie de la consultation tenue dans Sainte-Foy, samedi après-midi, à laquelle près de 200 personnes ont participé. 
«On a un projet sur lequel on a travaillé fort qui n'a pas fonctionné. La pire affaire, c'est de ne plus en parler. On a un cheminement jusqu'à l'automne», a expliqué le maire. Jusqu'au 13 août, la Ville de Québec continuera d'accumuler, sur Internet, les mémoires des citoyens sur la question de la mobilité. Une séance de consultation spécialement réservée aux citoyens ayant déposé un mémoire sera ensuite tenue le 26 août. 
Régis Labeaume se dit toutefois convaincu, après avoir écouté les citoyens, que la restructuration prévue au Réseau de transport de la Capitale (RTC) améliorera grandement le transport en commun de sa ville. 
«C'est vraiment majeur. Peut-être que l'on ne reconnaîtra même plus le réseau actuel», a lancé le maire au sujet du projet que présentera le RTC en septembre. Une «révolution technologique» au même titre que le système de synchronisation et gestion des feux de circulation dévoilé plus tôt cette semaine, annonce le maire Labeaume. 
Plus seulement des grands autobus
Le RTC s'est demandé «à quelle vitesse doit aller l'autobus pour que l'on ait le goût de le prendre» et portera désormais une attention particulière à la connexion des trajets d'autobus avec des voix piétonnière et cyclable. Mais surtout, la technologie permettra de remplacer les autobus classiques dans les banlieues moins densifiées par de plus petits moyens de transport allant du minibus au taxi. 
«C'est fini, dans les prochaines années, le transport seulement en grand autobus. C'est juste qu'il faut trouver l'algorithme qui permettra aux gens de communiquer avec nous autres pour dire où ils veulent aller et à quelle heure», a expliqué le maire, avant de donner l'exemple de Val-Bélair. 
«Pourquoi avoir un grand autobus, entre 18h et minuit, à Val-Bélair, et avoir peut-être 60 clients durant toute la soirée? Les 60 clients pourraient nous avertir où ils veulent aller et l'on pourrait peut-être les transporter en taxi collectif ou en Uber. Ça va être super confortable et ça nous coûterait beaucoup moins cher.»
Mieux servir les banlieues nord et est
Le maire assure également qu'il fera davantage de place aux banlieues dans le projet qui remplacera le SRB. «Les 20 kilomètres qui était sur la rive sud dans le tracé du SRB, ils vont passer où [dans le prochain projet]? Ils doivent servir le nord et l'est de la ville.»
Si certains citoyens ont profité de la séance de consultation de samedi pour énoncé leur souhait de voir les maires de Québec et Lévis enterrer la hache de guerre et travailler un nouveau projet de mobilité durable ensemble, Régis Labeaume semblait pour sa part convaincu que le prochain projet de sa ville ne reliera pas les deux rives. 
«Si l'on a de la vision et de la perspective, on est capable de discuter. Mais si l'on pense toujours en termes de vote et de la prochaine élection, on n'y arrivera jamais», a lancé le maire de Québec, affirmant de pas viser son homologue Gilles Lehouillier précisément, mais plutôt «les politiciens en général».
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«Chaque cohorte a son con»
Fondé le mois dernier, le nouveau parti municipal Option Capitale-Nationale s'attire déjà les foudres de Régis Labeaume. Le jeune chef du parti municipal lié à Option nationale, Nicolas Lavigne-Lefebvre, était de la consultation publique sur la mobilité durable dans Sainte-Foy, samedi après-midi, et il s'est ouvertement questionné sur les raisons ayant mené la Ville de Québec à vouloir faire passer le trajet du SRB sur le boulevard Charest. «Pourquoi favoriser des tracés sur des terrains vacants?», a débuté M. Lavigne-Lefebvre avant de noter la promotion faite par l'administration Labeaume pour les projets immobiliers du Phare et des terres des Soeurs de la Charité. «Est-ce que c'est dans le même intérêt de favoriser les amis promoteurs que l'on construit sur Charest?» a-t-il conclu, suscitant une vive réaction du maire, qui s'est immédiatement invité au micro pour répondre. «C'est dégoûtant ce qu'on vient d'entendre», a lancé Régis Labeaume en fixant le chef d'Option Capitale-Nationale. «On n'a pas le droit de faire de telles allégations gratuites, inutiles et insensées. Il faut respecter les gens. L'intelligence, c'est ça.» Questionné sur l'intervention de Nicolas Lavigne-Lefebvre, après la séance, le maire de Québec a été encore plus virulent. «Chaque cohorte a son con, ce n'est pas grave.»