Pour le maire de Lévis Gilles Lehouillier, il est clair que le système de transport en commun de sa ville est déficient.

Transport en commun: Gilles Lehouillier ouvert à une fusion des services des deux rives

Le maire de Lévis a accordé jeudi une grande entrevue au Soleil. Un long entretien au cours duquel il a beaucoup été question de la fluidité de la circulation, tant d'est en ouest que du nord au sud. La semaine dernière, M. Lehouillier avait d'ailleurs discuté de cette question avec son homologue de Québec, Régis Labeaume.
Les deux maires avaient convenu d'étudier la possibilité d'harmoniser les services et les grilles tarifaires, de créer un guichet unique pour l'achat de titres et pour le service à la clientèle. Mais jusqu'à maintenant, Gilles Lehouillier était resté de glace devant l'éventualité d'une fusion de la Société de transport de Lévis et du Réseau de transport de la Capitale.
En entrevue au Soleil, la porte s'est entrouverte. «Tous les scénarios sont sur la table», a-t-il laissé entendre. Y compris l'intégration? «Si on fait la démonstration qu'une intégration pourrait non seulement améliorer les services aux usagers, mais faire en sorte qu'on puisse le faire dans le respect des capacités de payer de chacune des communautés, moi je n'ai pas de trouble.»
Car, souligne-t-il, à Lévis, le transport en commun coûte 85 $ par contribuable, alors qu'à Québec, le coût s'élève à 200 $. «J'ai une disproportion. Je n'ai pas le même niveau de transport en commun.» Et l'objectif numéro un demeure l'efficacité et le respect de la capacité de payer des citoyens, insiste M. Lehouillier. «Je ne peux pas me permettre d'augmenter de façon exponentielle le compte de taxes de mes contribuables.»
Pour Gilles Lehouillier, il est clair que le système de transport en commun de sa ville est déficient. «On ne peut pas dire qu'on a un transport en commun moderne. [...] On a des autobus vides parce qu'on est mal organisés.»
«Rabattre» vers le Lévisien
C'est ce à quoi il veut remédier. Le nouveau système de transport collectif que souhaite mettre en branle son administration mise sur les parcours Lévisiens - les Métrobus de Lévis - qui traversent la ville, d'est en ouest. Les autobus de ces parcours circuleront toutes les 10 minutes aux heures de pointe. On veut aussi créer de nouveaux circuits qui iront chercher les usagers dans les quartiers pour les «rabattre» vers le Lévisien.
À moyen terme, on implantera des voies centrales tout le long du boulevard de la Rive-Sud, de Saint-Omer à la tête des ponts. Mais pour mener à terme le plan d'ensemble, on mise aussi sur l'élargissement de la route 116, qui est cependant de compétence provinciale. À ce sujet, on sent l'impatience du maire, qui souhaite que le ministère des Transports fasse son nid rapidement dans ce dossier.
Il compte d'ailleurs profiter de la campagne électorale québécoise en cours pour mettre de la pression sur les candidats.
Et le troisième lien routier entre Québec et Lévis? S'il n'est pas contre cette option, à long terme, il estime qu'il y a des tâches plus pressantes. «Honnêtement, à court terme, on a énormément de gains d'efficacité à faire. Ne serait-ce qu'au niveau des axes routiers.»
*******************
Prêt à prendre le taureau par les cornes au service de police
L'administration précédente avait «perdu le contrôle» de la gestion du service de police de Lévis, ce qui a contribué au climat malsain qui règne aujourd'hui, estime Gilles Lehouillier.
«À Lévis, au cours des 8 ou 10 dernières années, on n'a peut-être pas été suffisamment proactifs face à notre direction de la police», lance sans détour le maire de Lévis. Selon lui, on a concentré beaucoup d'argent et d'énergie sur la mise à niveau du schéma de couverture de risque du service incendie, et on a «laissé porter» le service de police.
Le climat malsain qui a été maintes fois décrié dans le service, il compte s'en occuper. «On va prendre le taureau par les cornes, on va être plus offensif pour essayer de trouver une solution.»
D'abord, pour lui, la situation est nettement exagérée et a été amplifiée par certaines sorties dans les médias. Il veut mettre fin au torpillage en autorisant son chef à parler davantage aux journalistes.
«Le corps policier est très compétent. On a un taux de criminalité qui est très faible. Il y a un problème de relations à l'interne.»
L'administration précédente avait d'ailleurs mandaté une firme externe pour établir un diagnostic de la situation. Le rapport n'a jamais été rendu public et M. Lehouillier n'a pas l'intention de le faire. «Je suis contre cette façon de procéder. Pour que tu amènes des gens de l'externe pour aller vérifier ce qui se passe à l'interne, c'est parce que tu as perdu le contrôle de ta gestion.»
Promotions à l'interne
Gilles Lehouillier entend donner un plan d'action clair pour redresser les choses. Le 23 février, son administration a posé le «premier jalon» de cette nouvelle culture qu'elle veut implanter au service de police. Le poste de directeur adjoint a été aboli et remplacé par deux postes d'inspecteurs. Ainsi, on favorise les promotions à l'interne, dit-il.
Il a aussi demandé au chef Yves Charette de déposer un plan stratégique et un plan d'effectifs pour qu'on sache où on s'en va au cours des 10 prochaines années.
********************
Lehouillier sur...
Le secteur de la traverse
Avec une nouvelle gare fluviale et une esplanade complètement redessinée, il faudra aussi revitaliser l'autre côté de la rue Saint-Laurent, au pied de la falaise. L'administration Lehouillier veut «boucher les trous», mais surtout redessiner la trame urbaine du secteur en misant sur le haut de gamme. Gilles Lehouillier parle de bijouteries, de boutiques d'artisanat, de restaurants et d'un hôtel style Saint-Antoine auquel on pourrait intégrer le fameux ascenseur vitré qui permettra d'accéder au haut de la falaise. Déjà, dit-il, plusieurs gens d'affaires sont intéressés. L'allure sera distinctive, différente de celle du Vieux-Port de Québec, assure-t-il.
Le regroupement des services municipaux
Il ne veut pas parler d'un nouvel hôtel de ville. Mais Gilles Lehouillier songe à regrouper tous les services municipaux dans un seul et même endroit. En ce moment, les employés de la Ville sont disséminés dans une quarantaine de bâtiments aux quatre coins du territoire. «Les coûts sont énormes. [...] On est en train de regarder quelle serait la meilleure façon de procéder au niveau de nos locations pour rapprocher le personnel davantage parce que c'est une demande des employés.» Quant au lieu, il n'est pas encore déterminé.
Le complexe aquatique
Lévis devra peut-être réduire la taille de son projet de complexe aquatique de 30 millions $. La Ville a eu la mauvaise surprise d'apprendre il y a quelques semaines que ce projet majeur ne pourra être financé par le nouveau programme d'infrastructures fédéral. Gilles Lehouillier envisage maintenant de scinder le projet en deux. Réaliser tout de suite, en collaboration avec le gouvernement du Québec, le volet aquatique évalué à 22 millions $. On parle d'un bassin semi-olympique et d'un bassin récréatif. Et attendre pour le volet de centre communautaire. «On est prêts à regarder cette possibilité.» Déjà, Québec avait offert 5 millions $, ce qui est insuffisant, soutient Gilles Lehouillier, qui n'attend pas moins de 50 % de contribution de la part du provincial.
Les régimes de retraite
Le projet de loi déposé par Agnès Maltais avant le déclenchement des élections contient tout ce qu'il faut pour mener à bien les négociations sur le renouvellement des conventions collectives et pour régler la question du partage des déficits des régimes de retraite, estime Gilles Lehouillier. Il se dit d'accord avec le principe de laisser la Commission des relations du travail trancher en bout de piste si les négociations piétinent. «Je suis sûr que ça va débloquer, les négociations. [...] Je suis content de ce qui est sur la table.»