Lévis demande depuis plusieurs années à ce que l’argent provenant des automobilistes lévisiens demeure à Lévis pour améliorer les services de la STLévis.

Transport en commun à Lévis: employeurs et écoles pour le rapatriement des 30$

De gros employeurs et des établissements d’enseignement de Lévis s’inquiètent de voir la Société de transport de Lévis (STLévis) réduire éventuellement ses services ou augmenter ses tarifs pour combler le trou de plus d’un million $ creusé dans ses finances après un changement de cap du gouvernement du Québec.

Le Soleil a reçu une lettre d’opinion signée par neuf poids lourds de Lévis : Mouvement Desjardins, Teknion Roy & Breton, Chambre de commerce de Lévis, Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches, Université du Québec à Rimouski, Cégep de Lévis-Lauzon, Collège de Lévis, Juvénat Notre-Dame, École Marcelle-Mallet. (Lire la lettre)

Ces acteurs appuient publiquement l’administration Lehouillier dans sa volonté de récupérer la totalité des 30 $ perçus pour le transport en commun lors du renouvellement des immatriculations des véhicules de promenade. Depuis 1992, la moitié de cette somme est versée au Réseau de transport de la Capitale (RTC). 

Lévis demande depuis plusieurs années à ce que l’argent provenant des automobilistes lévisiens demeure à Lévis pour améliorer les services de la STLévis. Le manque à gagner tourne autour de 1,3 million $ par année. En attendant de revoir les critères, le gouvernement du Québec a donné un million $ en compensation annuelle pour la période 2009-2014. Mais la subvention n’est plus versée depuis, sans que la moindre explication n’ait été fournie par le ministère des Transports du Québec. 

La STLévis a enregistré des déficits équivalents ces dernières années, mais le Vérificateur général de la Ville de Lévis a rappelé récemment à l’administration Lehouillier qu’il ne faut pas dépenser plus qu’on ne reçoit. Le conseiller municipal Mario Fortier a donc demandé à Québec de réparer l’«injustice», à défaut de quoi les services ou les tarifs en prendront un coup. «On a décidé de mettre de la pression. Si le gouvernement n’est pas au rendez-vous, on va prendre les décisions qui vont avec et on le tiendra pour responsable», a spécifié le nouveau président de la STLévis. 

Les signataires de la lettre ajoutent à cette pression. «Nous nous réjouissons de la vision forte que le gouvernement du Québec a esquissée en matière de mobilité durable. Une vision qui témoigne du leadership reconnu du Québec en matière de lutte aux changements climatiques. Nous demandons au ministre des Transports, André Fortin, et à la ministre responsable de la région de la Chaudière-Appalaches, Dominique Vien, de traduire cette vision en un geste concret et équitable en faveur du transport collectif à Lévis, la septième ville la plus populeuse au Québec», écrivent-ils. 

«C’est le développement de nos institutions et la croissance de nos entreprises qui sont en jeu», concluent-ils.