Constatant des difficultés de coordination quand plusieurs sociétés de transport desservent une région,  le gouvernement Marois exigera notamment l'harmonisation des services offerts aux usagers, une grille tarifaire unifiée et un guichet unique pour la billetterie et l'information à la clientèle «en vue de faciliter le déplacement des utilisateurs et de diminuer le nombre de titres de transport et de tarifs».

Transport collectif: une nouvelle gouvernance pour Québec et Lévis

La Stratégie nationale de mobilité durable propose une nouvelle gouvernance pour les sociétés de transport de Québec et de Lévis sans imposer la fusion. Les usagers du transport en commun des deux rives devront bénéficier des mêmes services, des mêmes tarifs et d'un guichet unique pour la billetterie et l'information à la clientèle.
<p>Des tarifs différents à ajuster</p>
Dans ses orientations dévoilées lundi, le gouvernement du Québec insiste encore sur l'importance de mieux intégrer le transport et l'aménagement du territoire. Les communautés métropolitaines de Québec et de Montréal ainsi que les MRC devront revoir leur planification en conséquence. 
Les grandes agglomérations urbaines devront faire un pas de plus. Constatant des difficultés de coordination quand plusieurs sociétés de transport desservent une région - c'est le cas à Québec et à Montréal -, le gouvernement Marois révisera la gouvernance du transport collectif. 
Il exigera notamment l'harmonisation des services offerts aux usagers, une grille tarifaire unifiée et un guichet unique pour la billetterie et l'information à la clientèle «en vue de faciliter le déplacement des utilisateurs et de diminuer le nombre de titres de transport et de tarifs». 
Une proposition sera soumise aux parties intéressées dès le printemps 2014. «Mon objectif est d'atteindre notre but ensemble, en travaillant en concertation», a spécifié le ministre Gaudreault, lundi. 
Un accompagnement spécifique est prévu pour les organismes de transport de la région de Montréal qui voudraient se regrouper, mais il n'est pas fait mention de cet accompagnement pour Québec. 
Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a rejeté d'emblée la possibilité d'une fusion de la Société de transport de Lévis avec le Réseau de transport de la Capitale (RTC). «On ne pense pas à un regroupement parce que l'effort fiscal n'est pas du tout le même», a-t-il réagi spontanément. Selon ses chiffres, Lévis investit 75 $ par personne pour le transport en commun, contre 200 $ à Québec. 
En attente d'une proposition du gouvernement, M. Lehouillier se dit toutefois prêt à harmoniser tant les services que la grille tarifaire. 
Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables, n'est pas convaincu lui non plus qu'une fusion Québec-Lévis soit absolument nécessaire. «Les deux joueurs ont quand même des réalités très différentes. Il ne faudrait pas que ça se fasse au détriment de l'un ou de l'autre», a-t-il résumé lundi, saluant au passage le parti pris pour l'usager. 
Les sociétés de transport n'ont pas réagi encore. 
Sur le dossier des voies réservées au transport collectif, Québec réitère son intention de les multiplier et de les rendre accessibles au covoiturage. Pour ce faire, le provincial financera 100 % des investissements consacrés à «certains de ces aménagements» jusqu'en 2015. Si une cible est fixée pour Montréal, où le nombre de voies réservées pourrait doubler, rien de tel ne semble se profiler pour Québec dans les documents gouvernementaux.
Éloges de Labeaume à Lehouillier, pointes à Roy Marinelli
Régis Labeaume n'a pas commenté lundi la Stratégie nationale de mobilité durable préférant prendre le temps de l'analyser davantage. Mais il n'a pas manqué de souligner le bon accord avec le nouveau maire de Lévis Gilles Lehouillier. Un contexte favorable au moment où le rapport gouvernemental propose une harmonisation des services de transports en commun de Québec et Lévis.
«Je ne veux pas avoir l'air impérialiste, mais c'est le genre de sujet dont je ne pouvais pas parler avec l'ancienne mairesse», a laissé tomber M. Labeaume en référence à Danielle Roy Marinelli avec qui il a eu quelques prises de bec par le passé. De façon plus générale, M. Labeaume s'est dit lundi très content de l'attitude de M. Lehouillier, notamment au sein de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ).
«Le maire Lehouillier m'impressionne ben gros depuis qu'il est là», a dit M. Labeaume qui promet qu'un «gros dossier» commun qui sortira la semaine prochaine risque de «surprendre».
«La solidarité régionale est impressionnante à la CMQ. Le maire de Lévis est vraiment très aidant et a un apport impressionnant. Maintenant, c'est le genre de discussions que je peux avoir avec Lévis», a dit le maire de Québec. «On n'est pas impérialistes. On veut juste aider ce qui est bon pour la région est bon pour Québec, je pense qu'il pense à peu près comme moi.»
Avec Valérie Gaudreau