L’aluminerie Alouette de Sept-Îles aura accès au gaz naturel liquéfié (GNL).
L’aluminerie Alouette de Sept-Îles aura accès au gaz naturel liquéfié (GNL).

Transition énergétique pour l’aluminerie Alouette de Sept-Îles

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
BAIE-COMEAU — Seule région québécoise qui n’avait toujours pas accès au gaz naturel liquéfié (GNL), la Côte-Nord rejoint finalement le reste du Québec dans ce domaine. Québec et Ottawa décaisseront 24 M$ pour la transition énergétique de l’aluminerie Alouette de Sept-Îles, qui utilisera désormais du GNL au lieu du mazout dans certaines de ses opérations.

Tout d’abord, les gouvernements provincial et fédéral verseront 15,7 M$, soit autour de 7,8 M$ chacun, pour la conversion des fours à cuisson d’anodes d’Alouette. Ces fours passeront ainsi du mazout au GNL, un projet évalué au total à 23,3 M$. La subvention de Québec provient du Programme ÉcoPerformance.

Selon le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable de la Côte-Nord, Jonatan Julien, ce programme «vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie des grandes entreprises industrielles». Il reste encore 30 M$ dans cette enveloppe afin de soutenir la conversion énergétique d’autres compagnies grandes consommatrices de produits pétroliers.

Toujours selon le ministre Julien, la conversion des fours à anodes d’Alouette permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’aluminerie de 15 000 tonnes métriques par année, soit l’équivalent de 4 000 voitures qui passeraient de l’essence à l’électricité. Ces 15 000 tonnes de moins représentent 30 % des GES émis par Alouette.

Québec accorde aussi une subvention de 8,4 M$ à la firme Énergir pour la mise en place de la desserte de gaz naturel liquéfié à l’aluminerie sept-îlienne. Cette somme est la premier montant accordé à partir du Programme d’aide financière pour la construction d’infrastructures de stockage de GNL et de regazéification au bénéfice des établissements industriels de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec convertis ou en voie de se convertir au gaz naturel. 

Ce montant permettra à Énergir d’investir pour ériger les infrastructures de stockage du GNL sur les terrains d’Alouette. Car pour l’instant, l’aluminerie sera la seule à pouvoir utiliser ce GNL, qui sera acheminé par la route 138.

«Alouette souhaite depuis longtemps avoir accès au gaz naturel liquéfié», a d’ailleurs indiqué le président et chef de la direction de l’entreprise, Michel Huot. Ce dernier assure au passage que le nombre de camions transportant les «isoconteneurs» de GNL ne surpassera pas celui des camions de mazout qui alimentaient l’usine pour faire fonctionner les fours à anodes. «La seule autre façon (d’alimenter en GNL), c’est par la voie maritime, mais ça prend un plus grand volume», a soutenu M. Huot. 

Quant aux travaux de conversion des fours, ils sont déjà amorcés avec les étapes d’ingénierie. Les travaux devraient s’étirer tout au long de 2021, pour une mise en service prévue à la fin de l’année.

Dans un avenir rapproché, il n’est pas impossible que d’autres entreprises grandes consommatrices de produits pétroliers sur la Côte-Nord aient accès au gaz naturel liquéfié. Autant le ministre Julien que le vice-président développement et projets majeurs chez Énergir, Étienne Champagne indiquent que des discussions sont en cours depuis plusieurs années avec d’autres clients potentiels dans la région. «On serait enthousiastes de pouvoir livrer encore plus de GNL sur la Côte-Nord», a conclu M. Champagne.

Alouette, la plus grande aluminerie des Amériques, a une production annuelle de plus de 600 000 tonnes d’aluminium de première fusion. L’usine procure de l’emploi à environ 850 personnes.