Le vice-président du comité exécutif et président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand, a ouvertement démontré son mécontentement, lundi, devant cette demande, au moment où il livrait une étude préliminaire des avantages d’un tramway sur un métro.

Tramway ou métro? Le gouvernement exige une étude comparée

Le ministère de l’Environnement force la Ville de Québec à détailler les raisons qui soutiennent le choix d’un tramway plutôt qu’un métro. L’administration Labeaume se pliera à l’exercice bien qu’elle considère l’exigence ministérielle un «peu farfelue».

Le vice-président du comité exécutif et président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Rémy Normand, paraissait quelque peu irrité, lundi, en se présentant devant les médias pour faire une mise au point sur le projet de tramway comme indiqué sur une invitation faite à la presse en milieu d’après-midi.

Le 29 mars, le ministère de l’Environnement publiait un document intitulé Les observations sur les enjeux que l’étude d’impact devrait aborder.

Ce document découlait d’une consultation du ministère réalisée entre le 9 février et le 10 mars 2019. «Au cours de cette période, 144 commentaires pertinents ont été transmis», indique le ministère.

Un survol du document montre que les citoyens ont encore beaucoup de questions sur les raisons qui ont poussé l’administration Labeaume à écarter un métro.

Exercice inutile

Le conseiller Normand a ouvertement démontré son mécontentement, lundi, devant cette demande, au moment où il livrait une étude préliminaire des avantages d’un tramway sur un métro.

«Quand le ministère nous demande d’examiner cette question-là [métro] alors […] qu’on ne nous permettrait même pas de l’examiner sur le plan financier, on trouve ça un peu farfelu», a-t-il lancé.

Cette requête du ministère vient aussi répondre à des questions formulées depuis longtemps par des citoyens et l’opposition officielle à l’hôtel de ville. Dans ce contexte, pourquoi ne pas avoir fait l’exercice au début du processus de sélection?

«C’était évident pour nous que c’est totalement inutile. C’est brûler du gaz pour rien juste sur la base de la capacité — trop grande d’un métro pour les besoins de la ville — et des coûts. On pensait avoir nettoyé tout ça. On va le faire. Après ça, on n’en parlera plus», a tranché d’un ton sec M. Normand.

La démonstration préliminaire faite lundi est en réponse à un document déposé par le collectif «J’y vais en métro». La Ville a présenté aux journalistes le mémoire annoté par des employés du RTC. 


« C’était évident pour nous que c’est totalement inutile […] On pensait avoir nettoyé tout ça. On va le faire »
Rémy Normand

Par exemple, on y indique que les tenants d’un projet de métro prennent «les coûts des projets les moins coûteux et seulement ses avantages tandis qu’ils retiennent les coûts des projets sur rails les plus dispendieux avec les désavantages des pires projets» pour donner avantage au métro sur le tramway.

Aussi, M. Normand reproche aux tenants d’un métro de sous-estimer les coûts d’implantation en avançant le chiffre de 200 millions $ le kilomètre. Selon lui, il faudrait parler du double. 

Enfin, le conseiller évoque que le projet de tramway, en incluant les circuits de trambus et de métrobus peut couvrir trois fois plus de territoire avec le même investissement de 3,3 milliards $. 

Pas d’échéancier

Rémy Normand ne sait pas dans combien de temps il pourra remettre au ministère de l’Environnement «l’exercice rigoureux», auquel est soumise la Ville. Il a évoqué quelques semaines à quelques mois. Chose certaine, il connaît déjà les résultats.

«On va dissiper tous les doutes. On va faire une démonstration éloquente» que le tramway est toujours le meilleur choix retenu, promet-il.

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, déplore «l’état d’esprit» de M. Normand.

«Il ne prend pas au sérieux l’exercice pédagogique d’expliquer pourquoi le tramway est meilleur que le métro. Il pourrit l’atmosphère. “Je n’en ai rien à cirer de ce que les gens pensent, je vais vous répondre parce que je n’ai pas le choix”», a ironisé M. Rousseau, comme pour paraphraser le président du RTC.

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ARÉNA JACQUES-CÔTÉ: QUÉBEC 21 ACCUSE LA VILLE DE «NÉGLIGENCE» 

L’opposition officielle à l’hôtel de ville met en cause la négligence de la Ville pour expliquer l’affaissement de la toiture de l’aréna Jacques-Côté en raison du poids de la neige.

«C’est du cafouillage. On a joué avec la sécurité des gens.» Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, fait référence à l’affaissement le 16 février d’une poutre qui a obligé l’évacuation de l’aréna construit en 1972.

Depuis lors, il était demeuré fermé. Vendredi, la Ville a annoncé que l’amphithéâtre de Sillery sera démoli d’ici l’été à cause des coûts élevés de mise aux normes. La démolition était prévue à l’ouverture du Centre glace de Sainte-Foy pour la saison 2020-2021. 

«On a joué avec la sécurité des gens. C’est de la négligence», a renchéri Stevens Melançon, autre conseiller de Québec 21.

«On savait qu’avec les cinq pieds de neige et les deux épisodes de glace, on était limite. On aurait dû prévenir. Il y a eu un manque», insiste M. Gosselin, qui demande maintenant d’identifier le responsable de cette situation.

De son côté, le troisième conseiller de Québec 21, Patrick Paquet, pense aux «150 heures de glace» à rattraper avec la fermeture de l’aréna avant la fin de la saison de hockey.

Le diagnostic de la structure, présenté vendredi, a démontré que la défaillance est une rupture de l’assemblage riveté de l’entrait à l’endroit le plus sollicité de cette membrure et que la charge de neige de cinq pieds qui a conduit à la rupture est équivalente à la charge ultime prévue par le code d’aujourd’hui et confirme donc son caractère exceptionnel.