«Il y a des ententes qui vont se signer et je ne veux pas manquer mon coup», a indiqué Régis Labeaume lundi.

Tramway: le projet pourrait être connu d’ici la fin mars

C’est une question de semaines avant que le maire de Québec fasse enfin connaître les détails du projet de tramway. Il pourrait même le présenter avant le dévoilement du prochain budget provincial.

«Il y a des ententes qui vont se signer et je ne veux pas manquer mon coup.» Régis Labeaume a évoqué, lundi, une échéance beaucoup plus rapprochée qu’il y a quelques mois pour la présentation du très attendu projet de réseau de transport structurant dont l’épine dorsale sera un tramway. 

Il explique son empressement à la suite, notamment, d’une rencontre récente avec le ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, Amarjeet Sohi. 

«Il m’a dit que les discussions avec Québec et les autres provinces [pour la répartition de l’argent] vont très bien. C’est une question de semaines. Aussitôt que les ententes [fédérales-provinciales] sont signées, l’argent est déjà dépensé parce que les maires des autres villes savent où ils s’en vont», a-t-il répété.

«Notre objectif, c’est qu’au moment où ça se signe, nous sommes présents. Nous avons déposé le projet. On veut être sur la table, au-dessus de la pile, insiste-t-il. Et on veut une partie de l’argent vite. Ça presse. Valérie [Plante] a sa ligne bleue et sa ligne rose, je veux avoir ma ligne moi aussi», poursuit M. Labeaume en prenant en exemple les projets de métro déjà sur les rails de son homologue de Montréal.

Le maire a toujours entouré d’un flou artistique une date de présentation publique du projet de tramway. Cette fois, la fenêtre d’opportunité semble se resserrer. Par exemple, le gouvernement provincial pourrait plus facilement justifier dans un budget l’injection de centaines de millions dans un projet dont la population connaît les détails. Le gouvernement Couillard devrait déposer son budget d’ici la fin mars.

Avec ou sans tunnel

M. Labeaume a été pressé de questions sur la nécessité d’aménager un tunnel entre la haute et la basse ville pour y faire passer le tramway. Samedi, Le Soleil rappelait «qu’il n’y a pas de tramway possible au centre-ville de Québec sans un tunnel sous la colline parlementaire».

L’article mentionnait que le plan de mobilité durable de Québec (2010-11) et l’étude du Réseau de transport de la Capitale (RTC) sur le tramway (2003) avaient conclu à la nécessité d’un tunnel sous la colline parlementaire. Les côtes de la capitale à 10 % sont trop abruptes pour y faire passer un tramway.

Sur la foi d’une source anonyme, Le Journal de Québec avançait dimanche que le tunnel pourrait prendre naissance dans le secteur de l’avenue des Érables.

«Je ne confirme rien. Je n’infirme rien. Je ne dis rien», a répété comme un mantra le maire chaque fois qu’une question à ce sujet lui était posée. Il n’a pas voulu davantage s’avancer sur le coût total du projet qu’il désire faire financer à parts égales entre les gouvernements fédéral et provincial.

«On a hâte de l’annoncer, mais c’est vraiment beaucoup de travail», a-t-il conclu, ajoutant que l’annonce sera suivi d’une période de consultation des citoyens.

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QUÉBEC 21 CHERCHE LE GAIN NET

L’opposition officielle à l’hôtel de ville doute de la pertinence d’investir «des milliards de dollars» dans un tramway alors qu’elle évalue que son implantation n’apportera aucun gain significatif.

Le chef de Québec 21 tire cette conclusion, citant l’étude de faisabilité Tramway de Québec et Lévis livrée au Réseau de transport de la Capitale (RTC) en 2015. 

«La part modale du transport collectif passe de 9,8 % sans tramway à 10,9 % avec tramway. Pour ce qui est de l’automobile, elle passe de 66,5 % sans tramway à 65,3 % avec tramway. Régis Labeaume est-il en train de nous dire qu’il est raisonnable d’investir des milliards de dollars pour en arriver à une augmentation de la part modale du transport en commun et une diminution de celle de l’automobile de 1 % à 2 %?» a questionné Jean-François Gosselin lors du conseil municipal.

Ce dernier s’interroge aussi sur plusieurs aspects encore inconnus de la mise en place d’un tramway. 

«Quels seront les impacts de la mise en œuvre du projet de Régis Labeaume sur les commerçants et les utilisateurs du réseau routier? Comment seront desservis les citoyens des banlieues? Quels sont les impacts potentiels de l’hiver québécois sur le réseau? Y aura-t-il des arrêts de services et des pannes comme c’est le cas en Europe? Plusieurs questions subsistent, alors que le maire refuse de présenter son projet à la population», s’est-il insurgé.

«Le premier ministre connaît son projet, le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx, connaît son projet, mais les citoyens de Québec eux, sont toujours dans le néant, alors que le maire demeure muet devant la population qui l’a élu pour défendre ses intérêts, a poursuivi M. Gosselin. Régis Labeaume fait actuellement ce qu’il sait faire de mieux. Il travaille en vase clos en tenant ses citoyens à l’écart. Encore une fois, avec son attitude, tout porte à croire que les citoyens seront mis devant les faits accomplis », a-t-il conclu.

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UN ACCÈS FACILITÉ AUX LOGEMENTS SOCIAUX

La Ville de Québec participe avec le gouvernement du Québec à un projet pilote pour faciliter l’accès à des logements sociaux subventionnés. Dorénavant, les personnes moins bien nanties ont accès à un guichet unique sous la forme d’un site Internet. Il s’agit d’un registre partagé par cinq organismes qui, indépendamment, viennent déjà en aide aux personnes qui soumettent une demande pour un logement subventionné. 

Québec compte sur son territoire 18 000 unités de logement social dont 10 000 sont subventionnées. Il y a actuellement 1800 demandeurs en attente d’un logement subventionné. Le guichet unique doit faciliter les procédures d’obtention d’un logement et raccourcir le temps nécessaire pour y accéder. Les informations sont disponibles à l’adresse alsqc.com

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LES POTAGERS EN FAÇADE REFONT SURFACE

L’adoption d’un règlement sur l’aménagement de nouveaux jardins communautaires a remis dans l’actualité un sujet controversé par le passé : permettre l’aménagement de potagers en façade des résidences. Le maire de Québec a poussé un petit rire lorsqu’un citoyen lui a posé la question s’il était possible, un jour, de faire pousser carottes et tomates en façade des maisons. «On ne s’entend pas sur les potagers en façade, a lancé M. Labeaume, faisant allusion aux opinions divergentes dans son équipe. On va en rediscuter. Avant d’avoir une majorité nette, il va falloir que certains changent d’idée.» 

Selon lui, les potagers en façade ont mauvaise réputation pour plusieurs parce que ceux qui ont tenté l’expérience manquaient d’encadrement. «Ce n’était pas toujours bien entretenu», se souvient-il. Bien que le maire ne veuille pas influencer le débat en dévoilant sa position, il admet «trouver ça cute». Chose certaine, une graine est semée.