Après avoir mis de la pression pendant des mois sur le gouvernement fédéral, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) la dirige de nouveau vers la métropole pour dénouer l’impasse.

Tramway: la pression de nouveau sur Montréal

Le financement du tramway de Québec sera assuré si la mairesse de Montréal Valérie Plante accepte que de l’argent fédéral dédié à sa ville soit transféré dans la capitale. Le gouvernement caquiste de François Legault tentera une nouvelle fois de l’en convaincre.

Après avoir mis de la pression pendant des mois sur le gouvernement fédéral, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) la dirige de nouveau vers la métropole pour dénouer l’impasse.

«On apprend que notre ami Régis est guéri, il a même sa barbe des séries!», a d’abord lancé le premier ministre François Legault en guise de salutations au maire de Québec. Il a par la suite tenté de se faire rassurant quant au projet de transport structurant de Québec. «J’espère dans les prochaines semaines qu’on soit capable de trouver une solution et qu’on puisse garantir le plein 3 milliards $.»

Lundi, lors d’une première sortie publique après avoir subi des traitements contre un cancer de la prostate, le maire Labeaume a réclamé «un contrat signé avec une décision du conseil des ministres» sur le financement complet du projet. 

Après avoir évoqué de nombreux scénarios ces dernières semaines, — un plan B, une réalisation par phases, que le fédéral avance plus d’argent —, le gouvernement caquiste croit de nouveau que la solution réside dans une entente avec la Ville de Montréal. 

«Ce qu’on essaye de faire actuellement, c’est d’essayer de convaincre la Ville de Montréal de nous laisser prendre 1,2 milliard $ dans le fonds de 5,2 milliards $», explique M. Legault. 

Ce fonds dédié au transport en commun, qui fait partie de l’entente bilatérale signée il y a un an entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral, exige d’être dépensé selon des critères d’achalandage actuel du transport en commun. Ce qui fait en sorte que Montréal a droit à 70 % de la somme, à moins qu’elle y renonce. 

Un premier refus

À la mi-avril, la mairesse de Montréal Valérie Plante avait déjà refusé net de transférer cet argent à Québec. «On va réessayer», martèle M. Legault, qui se montre ouvert à la négociation. «On va essayer de trouver des manières de compenser la Ville de Montréal autrement, parce que sinon, on se retrouverait dans une situation où on aurait une partie du fonds de 5,2 milliards $ qui ne serait pas utilisée, donc de l’argent qui dormirait.»

Pas question de dire oui toutefois à la ligne rose que propose Mme Plante pour le métro de Montréal. «Il n’y a pas à court terme de projets (de transport en commun) pour justifier 70 % d’utilisation pour la Ville de Montréal. Par contre, il y a peut-être d’autres projets qu’on peut regarder ensemble», indique M. Legault. 

Une rencontre entre la mairesse Valérie Plante et le président du Conseil du Trésor Christian Dubé est en planification pour discuter de cet enjeu. 

Le ministre des Transports François Bonnardel a affirmé de son côté qu’il allait déposer dans «les prochains jours» un projet de loi qui fera en sorte de transférer la gestion du projet de transport structurant du Réseau de transport de la capitale (RTC) vers la Ville de Québec. Cette loi permettra également à la Ville d’aller de l’avant avec des expropriations. 

Le chef du Parti libéral du Québec Pierre Arcand a de son côté pointé les discordances entre le discours environnemental de M. Legault au congrès de son parti et la situation dans laquelle se trouve le projet de tramway à Québec. «S’il croit vraiment à l’électrification des transports, pourquoi tarde-t-il encore à donner le feu vert au projet de tramway de Québec? […] Est-ce qu’on doit comprendre qu’il va tenir compte de l’environnement seulement si ça fait son affaire?»