Valérie Plante avait consenti à laisser au tramway de Québec 800 millions $ du montant qui lui était réservé à Montréal pour le transport collectif.

Tramway: la mairesse de Montréal pourrait reprendre les 800 M$ laissés à Québec

Les propos de la mairesse de Montréal concernant les sommes laissées à Québec pour le tramway ont beaucoup résonné à Québec. Le maire Labeaume précise toutefois qu’il ne s’agit pas de menaces, mais plutôt de «préoccupations légitimes».

Valérie Plante avait consenti à laisser au tramway de Québec 800 millions $ du montant qui lui était réservé à Montréal pour le transport collectif. Elle devait en échange recevoir un remboursement sur cinq ans pour le financement de la ligne rose du métro. 

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Ce montant laissé à Québec avait permis d’atteindre le 3,3 G$ du réseau structurant. Lorsqu’elle a fait savoir jeudi que la possibilité qu’elle reprenne ses sous était existante, la nouvelle a rebondi avec beaucoup d’inquiétudes à Québec. C’est toute la question des coupes en infrastructures d’un gouvernement conservateur qui l’aurait menée à douter.

«Ce n’est pas le respect des engagements actuels qui nous préoccupent, mais bien le respect de l’ensemble des sommes prévues en transport collectif pour Montréal, soit au moins 3,7 milliards sur 10 ans. C’est là-dessus que je demande un engagement aux partis, car c’est cette enveloppe qui permet à Montréal d’accorder l’argent pour le tramway de Québec», a fait savoir l’attachée politique de la mairesse, Geneviève Jutras.

Bref, si la donne change à Ottawa lundi prochain, elle veut être rassurée que l’argent qui lui revient soit toujours prévu. 

Labeaume rassurant, mais discret

Le cabinet de Mme Plante avait communiqué jeudi avec celui de Québec.

«J’ai parlé encore à Valérie [vendredi] matin, il n’y a pas de menaces. Choisissons bien les mots. [...] Elle veut s’assurer qu’elle va avoir son choix au repêchage. Et que tout sera fait comme elle en a discuté avec le gouvernement du Québec. Je comprends ses préoccupations et je me sens concerné», a lâché le maire.

M. Labeaume a évité de se prononcer davantage sur le sujet, étant donné qu’il ne veut pas «embarquer» dans la campagne électorale à quelques jours du scrutin. Il semble cependant avoir d’autres plans pour «surveiller ses arrières» pour son projet de réseau structurant. 

«Ça fait des mois qu’on travaille là-dessus. Quand viennent les élections, on fait tous les scénarios possibles. On travaille depuis des mois avec tout le monde. [...] Les élections sont lundi, on verra.»

Les libéraux toujours pas convaincus

Même si Gérard Deltell a martelé plusieurs fois qu’un gouvernement conservateur maintiendrait «tous les projets promis par le gouvernement libéral», comme stipulé dans le programme financier du parti, le député libéral sortant Jean-Yves Duclos conserve ses doutes. 

Il répète que les «coupures» en infrastructures des conservateurs menacent le financement du tramway, la restauration du pont de Québec ainsi que d’autres projets déjà prévus par Québec, comme ceux de Montréal.

«On m’avait traité de menteur quand j’avais fait les calculs. Mme Plante a fait des calculs à peu près identiques pour affirmer elle aussi que ça ne fonctionnait pas. [...] Est-ce que M. Scheer ou M. Deltell va maintenant traiter Mme Plante de menteuse?», exprime M. Duclos, qui juge que son parti a travaillé très fort pour offrir le financement du tramway à M. Labeaume.

D’ailleurs, il rappelle que son parti répond favorablement à toutes les demandes de Québec.

Lors de son bilan régional de campagne, Gérard Deltell s’est dit persuadé de rafler les sept comtés sur sept dans la région, et ainsi déloger Duclos (Québec) et Joël Lightbound (Louis-Hébert). Ce à quoi M. Duclos a simplement répondu «on les laisse faire leurs calculs, parce qu’ils se trompent tout le temps, s’ils veulent s’amuser à faire d’autres calculs, c’est leur choix.»