«Québec est une ville qui, du point de vue du transport en commun, est en retard par rapport aux villes similaires d’Amérique du Nord», affirme Sol Zanetti.
«Québec est une ville qui, du point de vue du transport en commun, est en retard par rapport aux villes similaires d’Amérique du Nord», affirme Sol Zanetti.

Tramway: la CAQ doit lâcher le brake à bras, martèle Zanetti

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
À la veille de son caucus de pré-session qui s’amorce ce mardi à Wendake, Québec solidaire (QS) réitère ses priorités. Le transport structurant à Québec demeure au cœur des batailles qu’entend mener le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, dans la région.  

Septembre devait être le mois où l’appel de propositions pour le projet de tramway serait lancé, selon l’échéancier initial. Depuis que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) maintient sa position d’attendre le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour aller de l’avant, le projet risque de prendre du retard, craint Sol Zanetti. La parution des recommandations n’est prévue qu’en novembre.  

«Il faut que gouvernement aille de l’avant et arrête de ralentir ce projet-là. On lui demande de retirer sa main du brake à bras et de le laisser suivre son cours normal», martèle le député solidaire en entrevue avec Le Soleil.  

Tout comme la Ville, QS dénonce le gouvernement de «retarder inutilement» l’avancement du dossier du tramway. Sol Zanetti déplore particulièrement le «faux prétexte» défendu par la CAQ avant de se prononcer.  

«Leur prétexte, c’est d’attendre le BAPE. La réalité, c’est qu’il n’est absolument pas nécessaire d’attendre les résultats du BAPE, on pourra les intégrer en cours de route les conclusions. C’est un faux argument qui ralentit énormément le processus du projet [...] et qui donne l'impression que la CAQ n'a jamais été un sincère partenaire du projet, même si le parti s'est du bout des lèvres engagé à le supporter, en campagne électorale», regrette-t-il.  

«Deux poids, deux mesures» 

La CAQ avait pourtant montré sa volonté d’accélérer les projets d’infrastructures, avec le dévoilement en grande pompe de son projet de loi 61 au printemps. Face aux critiques des partis d’opposition, le gouvernement de François Legault l’a abandonné, mais doit déposer un nouveau projet de loi toujours dans l’optique d’accélérer les chantiers. 

«Deux poids, deux mesures», estime Zanetti, alors que la CAQ «met sur la glace» le projet de tramway. «D’un côté, on a un gouvernement qui est pressé quand il s’agit de construction d’autoroutes, mais quand il s’agit de transport en commun et de l’environnement, il ose utiliser des prétextes faussement environnementaux pour le ralentir.» 

«Si le but [de la CAQ] c’était vraiment de se concentrer sur l’environnement et d’accélérer la relance économique, ils appuieraient le tramway à fond la caisse. Ils mettraient dans le projet les 700 M$ qui manquent pour qu’on ait un trambus qui dessert bien les banlieues», réitère le député de Jean-Lesage, qui estime que les gens de Québec ont «besoin» d’un réseau de transport structurant. «Mais le gouvernement fait tout le contraire: il dit qu'il n'y aura pas de dépassement de coûts et il abandonne des morceaux du projet.»

«Québec est une ville qui, du point de vue du transport en commun, est en retard par rapport aux villes similaires d’Amérique du Nord», maintient-il. 

Télétravail? 

Et l’engouement pour le télétravail, en contexte de pandémie, ne changera pas la donne, selon lui. Même s’il pense que le travail à la maison pourrait contribuer à remettre en question la nécessité d’un troisième lien, le tramway, lui, s’avèrera tout aussi pertinent lorsque les mesures de déconfinement auront cessé, prévoit-il. 

«On n’en fera jamais trop pour limiter les gaz à effet de serre dans nos déplacements dans une ville comme Québec, une ville en expansion. Là où le tramway va être installé, il y a déjà un fort achalandage et c’est certain qu’il va y avoir un regain.»  

«Le tramway, on en a tout autant besoin sinon plus qu’au début [du projet]. On est en 2020, c’est l’année charnière identifiée par les climatologues où il faut mettre de l’avant des politiques de lutte aux changements climatiques drastiques si on veut avoir une chance de limiter le changement climatique», conclut Sol Zanetti.  

Rentrée parlementaire 

La nouvelle session parlementaire s'entame le 15 septembre. 

Elle sera toutefois bien particulière, alors que pas plus de 37 des 125 députés pourront siéger en même temps au Salon bleu, incluant le président. La mesure sera révisée après quatre semaines de travaux parlementaires, le 9 octobre.