Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, craint que les citoyens de Québec se retrouvent avec la facture du tramway en cas de dépassement de coût.

Tramway: Jean-François Gosselin appréhende un dépassement de coût

Alors que Justin Trudeau confirmait le financement du projet de réseau structurant de transport en commun de 3,3 milliards $ dans la capitale lundi, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, interpelle le premier ministre canadien et son homologue québécois, François Legault, afin de savoir à qui sera refilée la facture en cas de dépassement de coût.

«Dans l’éventualité de dépassement de coût lors de la construction du tramway, qui va payer? Est-ce les contribuables canadiens, québécois ou les citoyens de la ville de Québec?» a fait valoir en conférence de presse le chef l’opposition officielle à la Ville, Jean-François Gosselin. 

Québec 21 souhaite «régler» la question avant le début de la construction de projet de tramway.

M. Gosselin craint que les citoyens de Québec se retrouvent avec la facture. Quelques exemples amènent l’opposition officielle à s’inquiéter quant à la «capacité de payer».

Un premier contrat de génie et d’architecture de 30,6 millions $ octroyé par la Ville, le 18 juillet dernier, a dépassé l’évaluation de près de 34 %. Il en a coûté quelque 8 millions $ de plus que les 22,6 millions prévus. 

Le consortium formé de WSP Canada, CIMA+, HATCH, St-Gelais Montminy & Associés Architectes et DAOUST LESTAGE, nommé «Équipe Tram-Innov», devra produire d’ici 2021, les documents qui serviront plus tard à l’embauche d’entrepreneurs pour construire le réseau structurant de transport en commun, en plus de participer à l’encadrement des éventuels travaux, entre 2021 et 2026. 

Un seul fournisseur a offert ses services. La Ville a choisi le consortium entre autres pour respecter l’échéancier. 

La pénurie de main-d’oeuvre pourrait également mener à des reports de contrats, des annulations ou des augmentations de coûts, selon l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, plaide Québec 21. 

L’opposition officielle entend «talonner» l’administration dans les prochains mois afin qu’elle répondre aux «inquiétudes des contribuables de Québec», qui devront débourser 300 millions $ pour la construction du réseau structurant de transport.

Sur les 3,3 milliards $ pour le déploiement du réseau structurant en transport en commun (SRTC), la Ville a prévu un plan de contingence de 500 000 $.

Un seul dépassement de coût 

Parmi les 10 projets de train léger sur rail ou tramway complétés ou qui étaient en cours au Canada, au 30 avril 2018, un seul a connu des dépassements de coûts et quatre se sont avérés moins chers que prévu, rapportait le Journal de Québec. 

Le système léger sur rail ION, à Waterloo en Ontario, aura coûté 50 millions $ de plus que les 818 millions $ estimés, soit un dépassement de 6 %.

La Metro Line d’Edmonton par exemple, inaugurée en 2015, a coûté 90 millions $ de moins qu’anticipé.

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QUÉBEC INIMAGINABLE SANS LE SOLEIL

Lundi, Régis Labeaume affirmait être «prêt à l’effort» de redonner les avis publics aux journaux et plus seulement sur le Web, des propos qui «surprennent» Jean-François Gosselin. 

Le maire de Québec a promis d’être aux côtés des travailleurs de l’information. La crise financière à Groupe Capitales Médias et dans la presse écrite doit préoccuper les élus et la population en général, a-t-il insisté.

En novembre, la Ville de Québec annonçait sa décision de diffuser les avis publics seulement dans une section de son site Web. L’ensemble de ces avis dans les journaux coûteraient environ 150 000 $ par année. 

Le chef de l’opposition officielle s’est dit surpris de la rétractation du maire quant aux avis publics, alors qu’«il avait voté contre au dernier sommaire décisionnel de la Ville», tout comme Québec 21. 

«On attend toujours que le feu soit pris pour réagir», a lancé le chef de Québec 21, en conférence de presse. 

M. Gosselin estime toutefois que les médias écrits sont toujours importants pour la démocratie. 

«C’est un média qui existe depuis 120 ans, on ne peut pas imaginer la Ville de Québec sans Le Soleil. Les gens n’ont jamais consommé autant de contenu, c’est certain qu’il y a un moyen de trouver une solution pour assurer la pérennité des médias.»