Ministre responsable de la région de Québec et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault est sortie sur la place publique mercredi en fin d'après-midi pour renvoyer la balle lancée par le maire Régis Labeaume, dans les heures précédentes.
Ministre responsable de la région de Québec et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault est sortie sur la place publique mercredi en fin d'après-midi pour renvoyer la balle lancée par le maire Régis Labeaume, dans les heures précédentes.

Tramway: Guilbault répond à Labeaume [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
«Ce que M. le maire appelle le doute qui s’est installé dans l’esprit des citoyens par rapport au projet n’est pas lié au fait que notre gouvernement ait décidé, de façon responsable, de prendre le temps d’analyser les pour et les contre des changements majeurs demandés par la Ville de Québec. Le doute et les questions qu’on entend ne datent pas d’hier. On les entend depuis longtemps.»

Ministre responsable de la région de Québec et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault est sortie sur la place publique mercredi en fin d’après-midi pour renvoyer la balle lancée par le maire Régis Labeaume, dans les heures précédentes.

Une balle aux bonds ensuite amplifiés par les partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

Au fil d’une série d’entrevues de rentrée amorcée lundi, M. Labeaume disait regretter l’hésitation dont fait preuve le gouvernement québécois face au projet de réseau structurant de transport en commun de Québec, dont le tramway est le cœur.

«Vous le savez comme moi, vous habitez à Québec comme moi. L’appui au tramway est... disons... variable au fil de certaines péripéties», a lancé aux journalistes Mme Guilbault, qui est aussi ministre de la Sécurité publique.

Elle réitère le besoin de Québec de se doter d’un réseau de transport collectif «moderne et efficace». Mais sans jamais dire si le tramway s’avère la meilleure solution.

Pas de métro

Chose sûre, ce ne sera pas un métro.

«Notre avis est que le métro, c’est une technologie qui coûte cher, ce n’est pas la bonne option pour une ville avec une population de la taille de celle de la ville de Québec. Donc, non, nous ne sommes pas en train de travailler et nous ne travaillerons pas sur un projet de métro à Québec. Encore là, on voit mal le lien qui a été fait ce matin, parce qu’on ne travaille pas du tout sur ce scénario-là», assure-t-elle, référant de nouveau aux déclarations du maire.

La période de latence dans le camp gouvernemental n’a rien d’anormal, argue-t-elle. «Par souci de rigueur et de saine gestion» des fonds publics, «nous nous devons d’analyser attentivement les changements importants apportés au projet au début de l’été».


« Vous le savez comme moi, vous habitez à Québec comme moi. L'appui au tramway est... disons... variable au fil de certaines péripéties »
Geneviève Guilbault, ministre responsable de la région de Québec et vice-première ministre du Québec

On attend l’étude d’achalandage de la nouvelle mouture la part du ministère des Transports (MTQ), en septembre, et le rapport du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE), début novembre.

Une annonce des détails du projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis est aussi prévue bientôt.

«Si on obtient en septembre les conclusions de l’étude sur l’achalandage puis de l’analyse plus générale de la nouvelle mouture du projet de la part du MTQ et que, déjà, on sent qu’on est en mesure de prendre des décisions ou des orientations, on pourra le faire», s’avance-t-elle.

Pour l’instant, l’échéance pour passer à l’étape suivante de l’appel de propositions reste novembre, après le rapport du BAPE.

Mais ceci pourrait accélérer cela, à bien l’écouter.

Fusion pas exclue

Car la priorité pour Mme Guilbault et du gouvernement Legault est de réaliser «l’intégration» des projets de réseau structurant de transport en commun et de tunnel entre Québec et Lévis. Elle répète vouloir en faire «un projet régional».

«On n’a pas été élus, nous, pour servir uniquement les citoyens qui sont sur la ligne de la portion tramway. Il faut prendre en compte les intérêts de tout le monde. Chez nous, à Saint-Aug, ou quelqu’un à Stoneham, ou quelqu’un à Boischatel, qu’en est-il de ces gens-là? Est-ce qu’ils vont encore trouver leur compte dans ce projet-là? Possible que oui. Les analyses qui sont en train d’être faites nous le diront», explique la ministre Guilbault, réitérant ses conditions initiales de desserte des banlieues et de connexion avec la Rive-Sud.

Elle n’exclut pas de fusionner les deux bureaux de projet, mais sans s’avancer davantage.

Le projet de réseau structurant de transport en commun de Québec est évalué à 3,3 milliards $, dont 1,8 milliard $ proviendra du gouvernement provincial. Un montant que Mme Guilbault veut fixe.

«Bougonner et rappeler qu’on est prêts»

Le maire Labeaume va réagir de façon plus officielle jeudi, a indiqué son attaché de presse.

Mais en entrevue à RDI quelques minutes après les déclarations de Mme Guilbault, M. Labeaume ne s’est pas caché de devoir «un peu faire la plante verte» en attendant le feu vert du gouvernement Legault.

«Ils ont été élus en promettant un troisième lien et ils ont aussi appuyé le projet de tramway. Mais le problème, c’est que je suis un peu trop pressé, je suis un peu trop avancé et le projet de troisième lien n’est pas rendu là où on est rendus.

«Il y a un problème de timing politique, là-dedans», a poursuivi le maire. «Mais moi, ça fait 12 ans que je travaille là-dessus, je suis rendu à ma troisième version!» 

Sa solution à court terme? «Mon option, c’est de bougonner et de rappeler qu’on est prêts.»

«Maintenir la cadence», dit Duclos

Le député fédéral de la circonscription de Québec et président du Conseil du trésor du Canada, Jean-Yves Duclos, a ajouté son grain de sel en soirée à l’aide d’un micromessage sur Twitter.

«Le réseau de transport structurant est l’investissement fédéral le plus important de l’histoire de la ville de Qc. Son financement est un bel exemple de collaboration entre tous les paliers gouvernementaux. Il faut maintenir la cadence, notre ville et notre région le méritent!»