Il est «impensable», pour le premier ministre Legault, de payer une telle somme, 186,33 M $, d’autant plus que Québec doit déjà investir 200 M $ pour le tablier du pont.

Tramway et pont: le torchon brûle entre Québec et Ottawa

Le ton monte entre le fédéral et le provincial dans les dossiers du tramway et de la peinture du pont de Québec. Le premier ministre du Québec François Legault ferme la porte à un financement supplémentaire et réclame que les libéraux de Justin Trudeau paient pour remplir leurs propres promesses.

«On n’a jamais promis d’investir des centaines de millions pour peinturer le pont de Québec […] C’est au CN et au fédéral de payer pour ça», a averti M. Legault. Le Journal de Québec a dévoilé mercredi que les coûts pour repeinturer le pont s’élèvent maintenant à 559 millions $ sur 25 ans. Ottawa propose à Québec et au CN de séparer la facture en trois, et de payer chacun 186,33 M $.

Il n’en est pas question, répond le gouvernement caquiste. Pour le ministre des Transports François Bonnardel, il est «impensable» que son gouvernement octroie une telle somme, étant donné qu’il doit déjà investir 200 millions $ pour l’entretien du tablier du pont. 

La ministre responsable de la région de Québec Geneviève Guilbault en rajoute en déplorant que les libéraux fédéraux n’aient pas encore réglé la question de la peinture du pont, alors qu’ils s’étaient engagés à le faire dès 2016. «Ils retournent en campagne électorale avec absolument aucun gain, aucune évolution dans ce dossier-là.»

Solidaire avec la CAQ

Pour le maire de Lévis, cette demande financière d’Ottawa vient «déresponsabiliser» le gouvernement fédéral de ses obligations de repeindre le pont.

«Le danger est qu’on enlève la chaleur aux gens qui ont pris l’engagement d’assurer la peinture du pont de Québec. Actuellement, on est en train de diviser les forces», lance Gilles Lehouillier.

«Comment se fait-il, soudainement, à la veille d’une campagne électorale qu’on implique le gouvernement du Québec alors qu’il n’est propriétaire de rien, questionne le maire. C’est des locataires. Est-ce qu’on demande à des locataires d’entretenir un immeuble? On a un problème majeur», ajoute-t-il. 

Tramway

L’impasse persiste également entre les deux gouvernements quant au financement du tramway à Québec. «Le problème, c’est le gouvernement fédéral», a martelé M. Legault. 

Le ministre Bonnardel dit être en désaccord avec l’Entente bilatérale intégrée, signée l’été dernier entre le gouvernement fédéral et l’ancien gouvernement de Philippe Couillard. «Je n’aurais jamais signé cette entente», a-t-il lancé. 

M. Bonnardel explique que la formule de financement du transport en commun de cette entente, qui est appliquée partout au pays, favorise les grandes villes qui peuvent déjà compter sur des systèmes de transport en commun, comme Montréal. Il redemande au gouvernement fédéral de «trouver une solution» pour changer la formule au Québec. 

Olivier Duchesneau, conseiller politique du ministre de la Famille et député de Québec Jean-Yves Duclos, s’en est pris à la ministre Geneviève Guilbault sur Facebook, en écrivant qu’elle dit «n’importe quoi» sur le tramway. «Je pense que c’est très impoli comme commentaire. On sait de quoi on parle», a réagi M. Bonnardel. 

Même si le torchon brûle avec le fédéral, le premier ministre Legault s’est dit confiant de pouvoir faire des gains pour le Québec, que ce soit avant ou après l’élection fédérale de l’automne prochain. «On va continuer de se battre et contrairement aux libéraux provinciaux, nous on va faire des demandes et on va être fermes.»  Avec Jean-François Néron