Le maire Régis Labeaume
Le maire Régis Labeaume

Tramway et 3e lien: Labeaume d’accord pour fusionner l’administration des bureaux de projet

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le maire Régis Labeaume se dit d’accord pour regrouper les volets administratifs des bureaux de projet du tramway et du troisième lien. Mais pas plus.

«Imbriquer les deux projets du côté administratif, ce n’est pas bête. On est d’accord, dans la mesure où les deux partenaires ont accès à toutes les informations. On met tout sur la table, mais ça va des deux bords. Si c’est ça, on est totalement disponibles», a affirmé au Soleil le maire de Québec, jeudi.

Il répondait à une idée évoquée lors d’un point de presse tenu par la ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale et vice-première ministre du Québec, la veille. Sans parler de fusion complète, Geneviève Guilbault insistait sur l’importance de «mieux imbriquer les deux projets pour avoir une vision régionale».

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Mais attention, dit M. Labeaume. Fusionner les parties d’étude, de conception et de réalisation des travaux de chacun de ces importants projets de transport «ne donnerait rien» et s’avérait «inutile».

«Il y a une instance où on se rencontre déjà et où on partage l’information. Et on n’est jamais dans le même tunnel. Ce serait une solution technocratique inutile», assure le maire.

En visite à Thetford Mines, jeudi, le premier ministre François Legault a parlé en point de presse de «très bien arrimer» les deux projets. Sans y tenir à tout prix pour l'instant, la fusion des deux bureaux de projet n'est pas exclue pour M. Legault, qui voit «les deux projets avancer à la même vitesse».

De l’action dès septembre?

La Ville de Québec dévoilera vendredi la mise à jour de son étude d’achalandage portant sur la version modifiée du réseau structurant de transport en commun. Ces documents seront remis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) lundi.

Le ministère des Transports (MTQ) procède en ce moment aussi à sa propre étude d’achalandage.

Dans les propos de la ministre, on a pu décoder que des actions ne sont pas exclues dès septembre. Même si le rapport du BAPE sur la question est dû pour novembre et que le gouvernement Legault avait d’abord dit vouloir en prendre connaissance avant de continuer à avancer.

«Si on obtient les conclusions de l’étude sur l’achalandage puis de l’analyse plus générale de la nouvelle mouture du projet de la part du MTQ et que déjà on sent qu’on est en mesure de prendre des décisions ou des orientations, on pourra le faire», avait laissé entendre Mme Guilbault, mercredi.

«C’est aussi ce que j’ai décodé», indique le maire. «L’étude d’achalandage du MTQ ne peut pas beaucoup différer de la nôtre. Et les recommandations éventuelles du BAPE peuvent être intégrées au projet en cours de route, sous forme d’addendas. Alors si le gouvernement veut fonctionner comme ça, ça nous va», conclut M. Labeaume.

Il est heureux d’avoir entendu la ministre dire que la région de Québec avait absolument besoin d’un nouveau réseau de transport en commun. Et que sa colonne vertébrale ne sera pas un métro.

Pour passer aux appels de propositions, étape qui durera de 12 à 14 mois, le gouvernement provincial doit conférer par décret de nouveaux pouvoirs aux autorités municipales de la Ville de Québec.

Perte de leadership du maire

Chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville, Jean-François Gosselin se réjouit de voir la ministre régionale et vice-première ministre «prendre un leadership politique que je n'avais pas vu encore de la part du maire. Ça me rassure».

M. Gosselin se montre aussi heureux d'entendre Mme Guilbault «réitérer que son gouvernement est d'accord pour un projet de transport collectif, contrairement à ce que le maire essaie de véhiculer. Le financement n'est pas en danger si le tramway ne fonctionne pas. Il n'y a pas d'urgence», continue M. Gosselin.

Son parti, Québec 21, compte bientôt présenter son propre projet de transport en commun en vue des élections municipales de l'automne 2021. Projet financé avec le même argent que le réseau de transport structurant actuellement proposé et «qui va respecter les conditions que la vice-première ministre a répétées» mercredi, c'est-à-dire la desserte des banlieues, la connexion avec la Rive-Sud et aucun dépassement de coûts.

La CAQ, un boulet selon QS

Du coté de Québec solidaire, seul autre parti outre la Coalition avenir Québec (CAQ) à compter des élus provinciaux dans la région de Québec, Sol Zanetti voit plutôt le gouvernement de la CAQ comme «un boulet pour le leadership de la Ville».

L'élu solidaire de la circonscription de Jean-Lesage ne voit «vraiment pas l'intérêt» de fusionner les bureaux de projet du réseau de transport structurant et du tunnel Québec-Lévis.

«C'est deux projets aux objectifs et aux effets diamétralement opposés. L'un va diminuer le trafic automobile, diminuer les émissions de gaz à effet de serre et diminuer l'étalement urbain, tandis que l'autre, c'est tout le contraire. La CAQ exerce un contre-leadership en mobilité durable à Québec», tranche M. Zanetti.

Le projet estimé à 3,3 milliards $ sera financé à 55 % par le provincial, soit à hauteur de 1,8 milliard $.