Justin Trudeau a rencontré Régis Labeaume à l'hôtel de ville de Québec, en fin d'avant-midi, jeudi.

Tramway à Québec : le PM garantit l'argent du fédéral

Le premier ministre Justin Trudeau a garanti des «centaines de millions de dollars» pour un tramway à Québec lors d’un tête à tête avec Régis Labeaume.

Le maire de Québec était visiblement ravi à la sortie de sa rencontre d’une demi-heure avec le PM, qui effectuait une première visite officielle à l’hôtel de ville, jeudi matin, depuis son élection.

Parmi les sujets à l’ordre du jour, «tramway» était possiblement le premier mot inscrit sur la liste du maire. «Le projet sur lequel il est le plus enthousiasme, c’est celui du transport en commun, a lancé M. Labeaume, en parlant de son visiteur. Il a dit qu’il avait des centaines de millions de dollars pour la ville de Québec. On attend ton projet. Il faut que Québec ait son réseau», a-t-il confirmé, en rapportant les paroles du PM, parti quelques minutes auparavant sans s’adresser à la presse.

Des propos rassurants aux oreilles du maire. Au cours des derniers mois, il a répété mainte fois craindre que la multiplication des demandes de subventions pour des projets de transport en commun à travers le Canada rende difficile l’octroi de subventions pour un tramway à Québec. Il avançait cet argument pour expliquer son empressement à présenter un projet de réseaut structurant de transport.

Depuis décembre, le maire est passé en cinquième vitesse dans ce dossier. Après avoir confirmé que le tramway est le mode de transport retenu, un projet doit-être présenté aux deux palliers de gouvernement d’ici la fin de l’année.

Chose certaine, M. Labeaume comprend des paroles du premier ministre une garantie de la participation financière d’Ottawa à une hauteur d’au moins 40 % du coût total. Il souhaite toujours faire financer le projet à 100 % avec une aide de 60 % du gouvernement du Québec.

L’autre dossier majeur que les deux hommes ont abordé concerne la pénurie de main-d’oeuvre. «Je lui ai demandé de relaxer les règles d’immigration. D’avoir un projet spécial pour Québec», relate le maire, qui a rappelé au chef d’État que Québec était la région, sinon parmi les régions au Canada ayant le plus bas tôt de chômage avec un mince 3,9 %.

M. Labeaume esitme qu’il n’a pas besoin d’Ottawa pour attirer des travailleurs francophones. Ce qu’il espère, ce sont des règles qui permettent plus de souplesse pour éviter que des travailleurs étrangers doivent retourner dans leur pays, faut de respecter tous les critères jugés «trop stricts» d’immigration Canada.

De retour le 29 janvier

Le premier ministre Trudeau a profité de son passage à Québec pour confirmer son retour dans la capitale le 29 janvier afin de participer à la commémoration de l’attaque de la Grande Mosquée de Sainte-Foy qui a fait six morts à pareille date l’an passé. 

Lors de leur rencontre, le maire Labeaume a expliqué à M. Trudeau qu’il était préoccupé du fait que le débat entourant la création d’une journée contre l’islamophobie le 29 janvier occultait le devoir de mémoire envers les victimes de la tuerie. 

Il pointe du doigt la récupération qu’en font les politiciens et les extrémistes. Justin Trudeau n’a pas encore statué sur la demande d’associations musulmanes du Canada à laquelle s’est joint le Centre culturel islamique de Québec. 

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«Task force» canadienne

Le maire Régis Labeaume a expliqué ce qu’il appelle «la potentielle chicane» Québec-Montréal depuis que Le Port de Québec a signifié son intention d’établir un terminal de conteneurs à la baie de Beauport. Montréal s’y oppose par crainte de perdre une partie de ses activités de manutention. 

«Je lui ai dit que ce qui ne viendrait pas à Québec irait sur la côte est américaine et qu’il fallait créer une «task force» canadienne. Je lui ai demandé de se questionner sur ce qui était meilleur pour le pays. On ne veut pas de chicane avec Montréal. On veut s’allier avec eux et le pays va être gagnant», a soutenu le maire. 

Bye bye artéfacts!

Les cinq millions d’artéfacts de Parcs Canada sur l’histoire de la Ville de Québec prendront vraisemblablement la direction de Gatineau, malgré les pressions de l’administration Labeaume.

Depuis des années, les milieux archéologique et historique de la capitale réclament que les artéfacts demeurent à Québec pour qu’ils soient réunis au même endroit que les collections de la Ville, du ministère de la Culture et des Communications du Québec et de l’Université Laval.

Mais le gouvernement du Canada à préférer construire une «installation d’entreposage de la collection d’artéfacts pour l’agence Parcs Canada» à Gatineau. L’édifice de 9000 mètres carrés doit abriter 25 millions d’artéfacts historiques et archéologiques provenant des réserves de cinq villes (Ottawa, Cornwall, Québec, Dartmouth et Winnipeg).

Le maire Régis Labeaume a fait le point sur ce dossier après sa rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau. D’abord les bonnes nouvelles. «Il est d’accord avec le projet du petit séminaire. On peut exposer ce qu’on veut», a-t-il affirmé, au sujet d’un projet de réserve et laboratoire archéologiques que la Ville de Québec destine au pavillon Camille-Roy du Séminaire de Québec.

«Mais ce qui n’est pas exposé, qu’est-ce qu’on fait avec», poursuit-il, en guise de mauvaise nouvelle. C’est dire qu’il n’a pas réussi à faire changer d’idée Ottawa sur son intention de déménager les artéfacts de Parcs Canada à Gatineau.

«La question c’est de savoir si on a un problème à ce que les artéfacts soient dans un lieu de conservation approprié à Gatineau? Il ne faut pas être fou non plus, lance-t-il, avant d’ajouter : Y’en a qui ne veulent pas voir les artéfacts quitter Québec. Moi non plus, mais il faut que ça marche.»

Il a quand même voulu rassurer les opposants au projet du fédéral que toutes les pièces entreposées à Gatineau pourront faire l’objet d’un prêt pour des expositions à Québec.