Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le premier ministre du Québec, François Legault, ont jasé tramway, troisième lien, crise de la main-d’œuvre et protection des sources d’eau du lac Saint-Charles.
Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le premier ministre du Québec, François Legault, ont jasé tramway, troisième lien, crise de la main-d’œuvre et protection des sources d’eau du lac Saint-Charles.

Tramway: 2,5 M $ pour «faire rêver» et «briser les mythes»

Le maire et le premier ministre étaient au diapason, à Québec, lors de leur rencontre de jeudi. La veille, deux ministres de François Legault avaient pourtant critiqué les problèmes de communication de la Ville dans le dossier du tramway. Puis est apparu un appel d’offres municipal de 2,5 millions $ pour mieux vendre aux citoyens le réseau de transport structurant si cher à Régis Labeaume.

L’objet du contrat est de «concevoir une campagne publicitaire et une stratégie de créativité média». Le tout sur un horizon de trois ans, soit 2020, 2021 et 2022, avec un budget total pouvant atteindre 2,5 millions $. «Il n’y a aucun engagement de la Ville à atteindre cette estimation», précise-t-on dans le document officiel.

Le but? «Faire rêver et mettre de l’avant les avantages du projet»; «accroître le niveau de connaissance générale des citoyens envers le projet»; «briser les mythes et contrer la désinformation». On vise tous les usagers de la route et du transport en commun, mais aussi particulièrement les jeunes de 16 à 35 ans.

L’opposition à l’hôtel de ville y voit du «gaspillage de fonds publics». «Le projet boite. C’est la preuve que le tramway n’a pas d’acceptabilité sociale. Si les citoyens étaient convaincus, le maire n’aurait pas besoin de dépenser 2,5 millions $. Si c’était un bon projet, on le saurait!» résume le chef de l’opposition municipale, Jean-François Gosselin, qui participera à la manifestation anti-tramway du 29 mars «à titre de citoyen».

Toujours dans l’optique que plus de citoyens adoptent le projet, la Ville a aussi annoncé jeudi qu’elle «ajoutera des activités de relations communautaires de très grande proximité» dans les prochaines semaines. Ce qui repousse à la deuxième moitié d’avril les séances publiques des «comités de bon voisinage» prévues dans les secteurs où passera le futur tramway.

Legault fier de son coup

De son côté, le maire Labeaume poursuit son travail. Jeudi avant-midi, il était sur la colline parlementaire, au bureau du premier ministre Legault.

Les deux hommes ont jasé tramway, troisième lien, crise de la main-d’œuvre et protection des sources d’eau du lac Saint-Charles.

«On a parlé du réseau de transport structurant, parce que nous, ça avance. Il y a des choses dont je ne peux pas vous parler, il y a du business là-dedans», s’est-il contenté de dire à ce sujet, à la sortie de l’édifice Honoré-Mercier.

Quant au nouveau tracé du tunnel Québec-Lévis, «il est bien content de son coup sur le troisième lien, le premier ministre. Il est bien fier! Tout le monde est content. Nous, ça nous met en situation de densification, alors on est bien heureux».

Par ailleurs, le maire de Québec appuie le gouvernement provincial qui réclame au fédéral plus de pouvoir en matière d’immigration afin de pallier le manque de travailleurs. Surtout dans les domaines de la restauration et de l’hôtellerie, souligne le maire.

Le midi, M. Labeaume devait dîner avec le lieutenant du Québec pour le gouvernement libéral fédéral, Pablo Rodriguez, mais la rencontre a été reportée. Ce même M. Rodriguez qui vient de lui piquer son attaché de presse, Paul-Christian Nolin.

Blanchet aime le tracé

Puis en après-midi, un autre politicien basé à Ottawa, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, lui rendait une visite de courtoisie à l’hôtel de ville.

Tenant toujours à la tenue d’un Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) pour le futur tunnel Québec-Lévis, M. Blanchet estime néanmoins que la «nouvelle mouture du projet de troisième lien mérite d’être étudiée avec un enthousiasme environnemental renouvelé», a affirmé l’ancien ministre provincial de l’Environnement, pendant que le maire filait vers un autre rendez-vous.

«Je ne peux pas ne pas voir que ça épargne l’île d’Orléans, que ça passe de centre-ville à centre-ville avec aucun effet d’étalement urbain, qu’il y a un arrimage avec les équipements de transport collectif. À sa face même, la nouvelle version du projet semble plus intéressante.»

«Le rôle du fédéral est maintenant de transférer l’argent qui revient en toute légitimité au gouvernement du Québec pour qu’un projet de ce type-là puisse franchir les étapes qui amènent une réalisation éventuelle», insiste le chef bloquiste.

M. Blanchet exhorte finalement le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, à rentrer d’Afrique au plus vite et à rappeler les parlementaires à Ottawa dès lundi pour régler la paralysie ferroviaire provoquée par les blocages autochtones.