L'écart de financement entre le transport en commun de Montréal et celui de Québec, en plus d'être «inéquitable» pour les gens de la Capitale, a peut-être contribué à l'abandon du projet de Service rapide par bus, laisse entendre le PQ.

«Traitement privilégié» pour le transport collectif à Montréal

Si l'agglomération de Québec paye actuellement 54 % de son offre en transport collectif, la métropole, elle, a vu sa contribution plafonnée à 30 % dans le dernier budget provincial. Cet écart de 24 % révèle «définitivement un traitement privilégié» accordé à Montréal, laissant Québec «complètement désavantagée», dénonce Agnès Maltais, députée péquiste de Taschereau.
«Si le maire de Québec avait entre les mains le même avantage, si les citoyens de Québec savaient qu'ils allaient avoir le même avantage qu'à Montréal, peut-être que le transport en commun serait un peu mieux accepté», avance Mme Maltais.
Les données proviennent du budget provincial 2017-2018, déposé à l'Assemblée nationale le 28 mars dernier. Dans un fascicule sur le transport collectif, le gouvernement indique que «la part des contributions municipales au transport collectif métropolitain pourra demeurer stable à 30 % dans les prochaines années, soit au niveau observé en 2016».
Les autres contributeurs, soit le gouvernement et les usagers, financeront à hauteur d'environ 35 % chacun.
En comparaison, en 2017, 54 % du financement du Réseau de transport de la Capitale (RTC) sera assuré par l'agglomération de Québec, ce qui représente 115 millions $. Le RTC complètera son financement avec 35 % provenant des usagers et 11 % du gouvernement du Québec. 
«Ce qu'on réalise finalement, c'est qu'à Montréal, le gouvernement paye la facture, et qu'ici, c'est les citoyens qui vont la porter [par l'entremise des taxes foncières]. C'est ça, la différence», dénonce Agnès Maltais. «On ne peut pas juste appuyer du bout des lèvres à Québec, et à Montréal, appuyer non seulement hardiment, mais en plus, s'assurer que la facture des payeurs de taxes de la ville n'augmente pas. Ça marche pas.»
Cet écart de 25 %, en plus d'être «inéquitable» pour les gens de Québec, a peut-être contribué à l'abandon du projet de Service rapide par bus (SRB), laisse même entendre le PQ. Il faudrait bien sûr poser la question aux principaux intéressés, soit aux maires Gilles Lehouillier et Régis Labeaume, précise Mme Maltais, mais elle rappelle qu'il peut être «difficile à Québec d'arriver à réaliser des grands projets de transport en commun» parce que les élus et les citoyens considèrent «la facture trop grosse».
Rappelons que le projet de SRB, dont les coûts prévus étaient de 1 à 1,4 milliard $, a été abandonné par Lévis le 18 avril. La Ville de Québec lui a emboîté le pas deux jours plus tard.
Financement additionnel
Dans son budget 2017-2018, le gouvernement Couillard prévoit par ailleurs accorder un financement additionnel de près d'un milliard de dollars sur cinq ans à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui gère le transport collectif de toute la Communauté métropolitaine de Montréal. Là-dessus, près de 600 millions $ serviront à appuyer la mise en service du Réseau électrique métropolitain (REM), l'autre 400 millions $ étant prévu pour «assurer des assises financières solides» au ARTM, peut-on lire dans le fascicule gouvernemental portant sur le transport collectif.
Encore là, le Parti québécois crie à l'iniquité. «Pourquoi le gouvernement n'appuie-t-il pas le transport en commun à Québec comme il le fait à Montréal? [...] Je réclame des explications», lance Agnès Maltais.