Le 13 novembre 1950, la tragédie dont on commémorait hier les 60 ans faisait la manchette du Soleil. Une sculpture en mémoire des disparus sera inaugurée en novembre dans le cimetière où les victimes ont été inhumées, en France. Elle sera faite à partir des pièces de l'avion qui transportait les 53 pèlerins.
Le 13 novembre 1950, la tragédie dont on commémorait hier les 60 ans faisait la manchette du Soleil. Une sculpture en mémoire des disparus sera inaugurée en novembre dans le cimetière où les victimes ont été inhumées, en France. Elle sera faite à partir des pièces de l'avion qui transportait les 53 pèlerins.

Tragédie du mont Obiou: un devoir de mémoire

Environ 300 proches des victimes de la catastrophe aérien­ne du mont Obiou en France, dans laquelle ont péri 58 pèlerins et membres d'équipage en 1950, se sont ras­semblés à l'église Saint-Jean-Baptiste de Québec, hier matin, afin d'honorer la mémoire des défunts.
Partis de Québec le 13 octobre 1950, 53 pèlerins, dont la grande majorité provenait du diocèse de Québec, se rendaient entre autres à Rome pour rencontrer le pape Pie XII. Le 13 novembre, celui-ci allait procéder à la béatification de Marguerite-Bourgeois, un événement que les pèlerins ne voulaient pas manquer.
Malheureusement, quelques heu­res après la cérémonie, l'avion les ramenant au Québec a percuté le mont Obiou, proche de La Salette, dans les Alpes françaises. Person­ne n'a survécu au drame et la plupart des victimes ont été enterrées au cimetière La Salette-Fallavaux.
Sur un air de violons émouvant, le petit-fils de Joseph-P. Lessard a énuméré les noms des victimes. Invités à laisser monter leurs souvenirs par monseigneur Jacques Vézina, qui célébrait la messe, quel­ques proches ont aussi laissé monter des lar­mes. Plusieurs familles, com­me les 19 enfants d'Ali­ce Marcoux et d'Alphonse Michaud, ont per­du leurs deux parents dans cette tragédie.
D'autres, comme Jean-Marie Pel­letier, n'ont perdu qu'un seul parent, mais avec tout autant de désarroi. Âgé de 49 ans, le pèlerin Arthur Pelletier était atteint d'un cancer lors de son départ. «Il espérait guérir en allant rencontrer le pape», a raconté avec émotion son fils, l'aîné d'une famille de sept enfants.
Âgé de 16 ans à l'époque, M. Pel­letier a difficilement fait son deuil. «Nous n'avons jamais pu voir le corps», a-t-il expliqué au Soleil, l'Église ayant refusé de rapatrier les corps en raison de leur piteux état. «C'est comme si mon père n'était jamais mort. Il est parti en voyage. C'était donc important pour moi d'être ici aujourd'hui. Pour me rappeler que tout ça est arrivé.»
Le 50e passé sous silence
Le 50e anniversaire de cette tragédie ayant été passé sous silence, plusieurs familles ont insisté pour commémorer le 60e. Au Québec, en plus de la messe d'hier qui a réuni pour la première fois autant de proches des victimes, les familles ont aussi pu assister au dévoilement d'une plaque commémorant la catastrophe, exposée dans l'égli­se Saint-Jean-Baptiste.
Du côté français, l'alpiniste Éric Boeuf, qui a découvert de nombreuses pièces du DC-4 qui trans­portait les pèlerins, inaugurera le 13 novembre une sculp­ture faite à partir de ces pièces ainsi qu'un mémorial au cimetière canadien de La Salette-Fallavaux.