Après une longue attente ces derniers jours, Chloé Perron a enfin eu le feu vert de la Ville samedi après-midi pour aller constater les dégâts dans son appartement inondé.

Tout perdre quand la nature frappe à la porte

Si la majorité des sinistrés amorçaient samedi une éreintante opération de nettoyage, d’autres n’auront même pas cette opportunité, ayant carrément tout perdu dans l’inondation. C’est le cas de Chloé Perron et de son copain Jason.

Le logement du couple, au sous-sol d’un immeuble de l’Avenue Saint-Léandre, a été complètement submergé par les eaux de la rivière Saint-Charles. «Ça fait [une semaine] que nos affaires baignent dans l’eau», a soufflé Mme Perron, rencontrée par Le Soleil.

À 13h samedi, son appartement n’était toujours pas accessible et cette dernière observait le travail des services d’urgence depuis la bordure du périmètre de sécurité. Il était alors levé pour 43 des 47 résidences évacuées.

Sans y avoir mis les pieds, Mme Perron savait déjà que l’eau s’était engouffrée jusqu’au plafond et que tout le logement serait à refaire. Pour le couple âgé dans le début vingtaine, la seule solution logique est maintenant de trouver un nouvel appartement. «On a juste hâte de pouvoir y aller [constater les dégâts], et tourner la page.» Ce que Mme Perron a enfin pu faire en milieu d’après-midi après avoir eu le feu vert de la Ville.

En plus de ses biens, la sinistrée a perdu plusieurs animaux de compagnie — sauf son chien — dans l’inondation, probablement morts gelés ou noyés. Sa voiture a aussi été avalée par la Saint-Charles.

«Est-ce que je serais là?»

Chloé Perron restera assurément marquée par les événements qu’elle vient de vivre. Le 13 janvier, «j’ai vu une coulisse d’eau dans mon entrée», a raconté la jeune femme. «Je trouvais ça bizarre. Quand j’ai ouvert la porte, y’a eu une vague qui m’est arrivée un peu en bas des genoux.»

«En 30 secondes», elle a enfilé des bottes, ramassé sa bourse et trouvé son chien avant de chercher une façon de sortir de chez elle. «Je ne pouvais pas sortir par mon entrée principale parce que le courant rentrait.» Il aurait fallu qu’elle s’aventure à contre-courant, avec le risque d’être emportée par les flots.

«Heureusement», les portes d’un salon d’esthétique situé à l’étage étaient débarrées. Elle s’y est réfugiée en utilisant une porte secondaire. Si cette issue n’avait pas été disponible, elle se demande encore, une semaine plus tard, ce qu’elle aurait pu faire d’autre. «Est-ce que je serais encore là? Je ne sais pas», a-t-elle dit.

Samedi en fin d’après-midi, tous les sinistrés avaient enfin obtenu le droit d’amorcer des travaux de nettoyage et de reconstruction dans leurs maisons. La majorité avait déjà pu commencer vendredi. Pour pouvoir retourner y vivre de façon permanente cependant, les citoyens doivent remplir les critères de la Ville de Québec. Les plus chanceux pourront dormir à la maison dans les prochains jours, alors que pour d’autres, il faudra plusieurs semaines.

Le travail consiste à jeter les biens dans des conteneurs fournis par la Ville, à démanteler prudemment la glace sans abîmer la structure de leurs résidences, à nettoyer, assécher puis reconstruire. Outre les assureurs, le ministère de la Sécurité publique offrira des compensations en vertu d’un programme d’urgence annoncé lundi par le ministre Martin Coiteux.

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*NOTE* Une campagne de sociofinancement a été lancée pour Chloé Perron et son copain au gofundme.com/inondation-perte-totale.