Le Haricot Magique, le projet d’épicerie coopérative zéro déchet de Myriam Lachance et Marc Hébert, devrait ouvrir ses portes dans Saint-Roch à la mi-décembre.

Tout lâcher pour le Haricot Magique!

Deux jeunes entrepreneurs ont tout lâché pour fonder une épicerie coopérative «zéro déchet» dans Saint-Roch.

«On est les deux issus de milieux tout autres», souligne Myriam Lachance, dessinatrice industrielle maintenant cofondatrice du Haricot Magique. «C’est vraiment un changement de vie.»

«On a quitté nos emplois complètement depuis le mois de septembre», ajoute son comparse dans l’aventure, Marc Hébert, ex-directeur de produit dans une entreprise informatique.

Pourquoi négocier un tel virage professionnel? La réflexion a été de longue haleine, disent-ils. Le duo cherchait un projet environnemental, communautaire, plus près de ses valeurs. La petite histoire se poursuit ainsi : «Le déclic s’est fait quand on a visité une des premières épiceries zéro déchet à Baie-Saint-Paul».

Puis la réflexion sur le modèle d’affaires les a menés vers la coopérative, structure participative qui favorise l’implication des consommateurs. Quatre membres se sont ensuite ajoutés pour former le noyau dur et pour les aider à gravir la montagne administrative de la création d’entreprises. 

Les voici presque au sommet. «On vise une ouverture mi-décembre», annonce Marc. Les travaux vont bon train dans les locaux de la caisse populaire plantée devant le parvis de l’église Saint-Roch. Pardon, dans la caisse pop? Il confirme : «La caisse populaire rapetisse. […] Toute la façade est en train d’être refaite.» L’épicerie Le Haricot Magique occupera donc environ le tiers du rez-de-chaussée de l’institution financière sur la rue Saint-­François Est.

«Une expérience en soi»

Bon, nous voici à mi-chemin dans la lecture de cet article et nous ne savons toujours pas qu’est-ce qu’une épicerie zéro déchet! Alors Myriam et Marc?

«C’est une expérience en soi», annonce-t-elle. Mais encore? Dans l’idéal, le client se présente avec ses contenants récupérés. Il pèse chacun des pots en entrant puis fait son marché : alimentation bio en vrac, fruits et légumes, produits ménagers… À la sortie, nouvelle pesée pour la facturation du contenu. 

Marc Hébert indique néanmoins que des contenants seront offerts sur place, certains en consignation.

L’avantage, poursuit-il, c’est de pouvoir acheter la quantité désirée. Et de ne pas produire de déchets avec des emballages. 

Et pour limiter les pertes, Le Haricot Magique cherche un cuisinier qui pourra concocter des plats végétariens et végétaliens qui seront vendus sur place. Quelques tables permettront d’y manger.

Le projet a nécessité un investissement de quelque 125 000 $. Trois bailleurs de fonds ont embarqué, dont la Caisse d’économie solidaire.

Pour compléter le budget, l’équipe a lancé une campagne de sociofinancement sur La Ruche. L’objectif, modeste, est déjà dépassé. Cette initiative permet de faire la promotion de l’entreprise et de «recruter» des membres. La carte est vendue 10 $ pour la «vie».

Des entreprises similaires sont implantées dans Limoilou (La Récolte, 3e Avenue) et dans Saint-Jean-Baptiste (Les gourmandises de Louca, rue Saint-Jean).