Tous unis avec Paris

La Marseillaise à Madrid, drapeau français à Londres, «ensemble contre la haine» à Bruxelles et des pancartes «We are Charlie» à Washington : des dizaines de milliers de personnes dans le monde ont exprimé dimanche leur solidarité avec la France, meurtrie par des attentats.
À Bruxelles, quelque 20 000 personnes ont marché, sous le slogan «Ensemble contre la haine». «Nous disons notre attachement à la liberté de pensée et d'expression, dans le respect des autres, c'est très important», a commenté le dessinateur belge vedette Philippe Geluck, dans le cortège.
Même mot d'ordre à Vienne («Ensemble contre le terrorisme»), où 12 000 personnes ont défilé à l'appel du gouvernement autrichien et des communautés religieuses.
À Berlin, 18 000 personnes avaient fait le déplacement devant l'ambassade de France. Beaucoup étaient venus en famille et arboraient des pancartes «Berlin ist Charlie» («Berlin est Charlie»), ou encore «Surmonter la terreur», et même une caricature de Mahomet.
«We are Charlie» pouvait-on lire en anglais à Washington sur la pancarte tenue par l'ambassadeur de France Gérard Araud, qui a conduit un cortège de plusieurs milliers de personnes entre le musée de la presse et un mémorial aux forces de l'ordre.
La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, avait fait le déplacement, ainsi que plusieurs ambassadeurs. Les États-Unis étaient représentés par la secrétaire d'État adjointe chargée des Affaires européennes, Victoria Nuland.
Dans la matinée, Madrid avait donné le coup d'envoi, avec plusieurs centaines de personnes rassemblées Puerta del Sol pour observer plusieurs minutes de silence, avant d'entonner l'hymne français et déployer un drapeau bleu-blanc-rouge. «C'était un acte terriblement barbare, ils ont attaqué des valeurs universelles», déclarait Angel Freire, un enseignant espagnol retraité de 65 ans.
Les participants ont ensuite rejoints un rassemblement prévu devant la gare d'Atocha, théâtre des attentats islamistes les plus meurtriers commis en Europe, le 11 mars 2004, avec 191 morts.
À Stockholm, 3000 personnes ont bravé la neige et des températures en-dessous de zéro - et quelques centaines à Oslo - pour brandir des stylos. «Il est important de soutenir la démocratie et la liberté d'expression», selon Goeran Andersson, 72 ans.
À Londres, environ 2000 personnes se sont réunies sur Trafalgar Square, brandissant des crayons et portant des pancartes «Je suis Charlie». Dans la soirée, la mairie de Londres a illuminé la façade de la National Gallery, des fontaines de Trafalgar Square ainsi que le Tower Bridge aux couleurs du drapeau français.
En Irlande, 2000 personnes ont participé à une manifestation, selon la police, avec des pancartes «Je suis Charlie» en langue gaélique.
À Rome, un millier de personnes se sont rassemblées devant l'ambassade de France, chantant pour certaines la Marseillaise, et autant se trouvaient devant le consulat de France à Milan (nord).
À Luxembourg, ils étaient environ 2000 devant l'ambassade de France et à Lisbonne, quelque 200 personnes manifesté.
Hors Europe, 500 personnes ont participé à une cérémonie d'hommage organisée par la mairie de Jérusalem, devant un écran sur lequel était écrit en français «Jérusalem est Charlie».
«Refus de la violence»
En Afrique, 200 à 300 personnes ont manifesté à Bujumbura, capitale burundaise, pour «un refus de la violence», a déclaré Alexandre Niyungeko, président de l'Union burundaise des journalistes (UBJ), au nom des médias qui ont organisé le rassemblement ajoutant «ceux qui ont attaqué les collègues français nous ont attaqué aussi, ont attaqué le monde».
En Argentine, des centaines de personnes se sont rassemblées près de l'ambassade de France à Buenos Aires pour dire «Tous Unis» et «Je suis Charlie».
À Cuba, une cinquantaine de journalistes de médias étrangers et des résidents français se sont réunis à La Havane pour rendre hommage à la rédaction de Charlie Hebdo décimée par l'attaque de mercredi.