Le ministère du Tourisme entend corriger la situation en présentant d’ici Noël un nouveau plan stratégique — son premier depuis 10 ans, donc.
Le ministère du Tourisme entend corriger la situation en présentant d’ici Noël un nouveau plan stratégique — son premier depuis 10 ans, donc.

Tourisme: un ministère sans boussole depuis 10 ans

Jean-Marc Salvet
Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Le ministère du Tourisme du Québec avance sans boussole précise depuis 10 ans. Son dernier plan stratégique couvrait les années 2005-2007.

Le sous-ministre Patrick Dubé a livré cette information mercredi aux députés membres de la Commission de l’administration publique de l’Assemblée nationale.

Selon le Conseil du trésor, à qui se rapportent les ministères du gouvernement québécois, ces plans sont pourtant essentiels. C’est à travers eux qu’un ministère ou un organisme gouvernemental fait part de ses orientations stratégiques.

«Sur cette base, l’organisation définit ses enjeux, ses orientations stratégiques, ses axes d’intervention et ses objectifs. S’ajoutent les résultats visés et les indicateurs de performance qui lui permettront de mesurer l’atteinte des résultats. Lorsque les objectifs sont clairs, mesurables et connus de tous les intervenants, la reddition de comptes s’en trouve facilitée.» C’est ce qu’indique le Conseil du trésor pour faire valoir la nécessité des plans stratégiques.

En poste depuis un an, le sous-ministre Dubé n’a pas cherché à justifier la situation — qu’il déplore lui-même —, mais il a expliqué qu’elle découle entre autres de changements administratifs survenus au fil des ans. Le ministère n’a pas été paralysé pour autant, a-t-il insisté.

Le ministère du Tourisme entend corriger la situation en présentant d’ici Noël un nouveau plan stratégique — son premier depuis 10 ans, donc.

Pas la première fois

Ce n’est pas la première fois qu’une telle chose est mise au jour. En mars 2016, on apprenait à la même commission parlementaire que le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation n’avait pas élaboré de plan stratégique depuis 2009. Il avançait depuis ce moment-là sans indicateurs précis ni cibles quantifiables.

La faute en incombait aux nombreuses restructurations dont il avait été l’objet au cours des années, avait expliqué le sous-ministre en titre. La situation a été corrigée depuis au ministère de Dominique Anglade.

ANNÉE RECORD DANS LA RÉGION DE QUÉBEC

L’Office du tourisme de Québec maintient ses prévisions : 2017 devrait battre tous les records de visiteurs dans la région ce qui lui permettra de débloquer plus de 10 millions $ pour soutenir l’industrie au cours des trois prochaines années.

«L’industrie se porte très très bien», soutient André Roy, directeur de l’Office. «Alors 2017 s’annonce pour être une année record. On attend encore évidemment jusqu’à la fin décembre, mais tous les indicateurs nous démontrent qu’on devrait avoir une année [record], probablement la meilleure année à vie de l’industrie touristique de Québec.»

Les festivités du 400e anniversaire de la capitale avaient attiré les foules en 2008, ce qui avait propulsé cette année-là en tête du palmarès. Mais le nombre de nuitées vendues dans les hôtels de la région depuis le début de l’année donne le sourire à M. Roy dont l’organisation reçoit une taxe à chaque réservation : «On a une petite avance sur 2008.»

Comment expliquer la performance ? «Le taux de change est quelque chose qui nous aide», évalue-t-il. L’amélioration du «produit», des activités et attractions, aussi. Ainsi que les investissements publicitaires.

Il y a également le nombre important de navires de croisière au port, la fin de l’obligation de visa pour les Mexicains, les Grands voiliers, une série télé coréenne tournée à Québec…

L’Office du tourisme se retrouve donc avec des fonds à réinjecter. «Un minimum» de 6,2 millions $ sur 3 ans ; André Roy pense qu’il y aura plus à dépenser.

À cette somme s’ajoute un investissement du gouvernement québécois de 1,9 million $ annoncé mardi — les libéraux avaient délégué trois ministres et un député pour cette annonce. En plus, l’Office du tourisme ajoute un montant équivalent pour ce programme. Total : 10 millions $ disponibles pour «renouveler le produit».  Baptiste Ricard-Châtelain