Le tourisme gourmand est à la mode chez les voyageurs. Tourisme Québec l’a noté et veut encourager l’industrie, incluant la cuisine de rue.

Tourisme Québec mise sur l’appétit des visiteurs

Tourisme Québec veut sonder la panse des Chinois, des Mexicains, des Français, des Étatsuniens de l’est et des Ontariens ! Elle veut savoir ce qui leur met l’eau à la bouche pour attirer encore plus de visiteurs gourmands.

Aux trois ans, le ministère participe au financement d’une étude internationale de la World Food Travel Association, explique Virginie Rompré, coordonnatrice des affaires publiques et des stratégies. Elle vient d’ailleurs d’envoyer un peu plus de 50 000 $ à l’organisation basée à Portland, dans l’État de l’Oregon, pour obtenir des données du sondage. Objectif : savoir ce que les voyageurs aiment manger.

Mais Québec voulait aller plus loin cette année. «Le ministère a également choisi de faire produire une étude plus spécifique sur six marchés prioritaires que sont l’Atlantique-Centre et la Nouvelle-Angleterre aux États-Unis, l’Ontario au Canada, la France, le Mexique et la Chine», ajoute Mme Rompré. «Dans le cadre de cette étude additionnelle, le ministère “adresse” des questions personnalisées sur ces marchés en matière de tourisme gourmand.»

Ce sont des cibles prioritaires pour le gouvernement, ce qui justifierait le débours supplémentaire d’un peu moins de 50 000 $, toujours à la World Food Travel Association.

À la mode

«Les informations obtenues des deux études permettront d’accroître les connaissances du ministère et de l’industrie en matière de tourisme gourmand, particulièrement auprès des visiteurs expérimentés de nos principaux marchés, et de fournir des données tactiques sur ce segment de marché», fait valoir Virginie Rompré.

C’est que le tourisme gourmand est à la mode. Le gouvernement fédéral s’y intéresse d’ailleurs aussi. Au cours d’une récente visite en Mauricie, la ministre canadienne, Mélanie Joly, a énoncé les quatre axes de diversification de l’industrie priorisés par son équipe, dont le tourisme gourmand. Les trois autres? Le tourisme autochtone, le tourisme LBGTQ et le tourisme hivernal, rapportaient nos collègues du quotidien local, Le Nouvelliste.

«Selon le Second Global Report on Gastronomy Tourism, l’agrotourisme et le tourisme gourmand occupent une place de plus en plus importante dans l’agenda des voyageurs et ces visiteurs dépensent plus», remarque Virginie Rompré.

Retombées

«Pour sa part, la World Tourism Organization, agence spécialisée des Nations Unies, indique dans son plus récent rapport portant sur le sujet que le tourisme gourmand est en augmentation constante et que son importance est reconnue par de nombreuses destinations.»

Québec veut donc que ses entrepreneurs puissent se positionner dans le marché en croissance. «Les entreprises du secteur représentent près de 6 % des entreprises touristiques de la province (1800 sur plus de 32 000 entreprises touristiques)», expose Mme Rompré. «L’industrie visée inclut notamment les entreprises agrotouristiques, la cuisine de rue, les marchés, certains restaurants, les circuits et les tours gourmands et les boutiques gourmandes.»

«Ces entreprises génèrent des retombées de près de 200 millions $ dans l’économie québécoise et emploient plus de 3000 personnes.»