Toujours de l'espoir pour un TGF d'un centre-ville à l'autre

Tout espoir n'est pas perdu de voir le train à grande fréquence (TGF) se rendre du centre-ville de Québec à celui de Montréal. VIA Rail et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui mène le projet de train électrique de Montréal, ont créé un nouveau comité pour étudier la faisabilité d'une cohabitation dans le tunnel sous le mont Royal, seule voie d'accès vers la gare Centrale.
Théoriquement, les deux organisations se parlent depuis des mois, depuis que la Caisse a annoncé son intention de réserver le tunnel sous le mont Royal, acquis de l'Agence métropolitaine de transport, au seul usage de son futur train léger.
Mais les arguments de VIA Rail, qui plaidait l'interopérabilité des infrastructures ferroviaires, ne perçaient pas. Le président et chef de la direction de la société d'État, Yves Desjardins-Siciliano, qui tenait initialement à l'accès au centre-ville, semblait même se ranger derrière l'idée d'une station de correspondance multimodale en bordure de l'autoroute 40. 
Jeudi, les pourparlers ont été relancés lors d'une rencontre «facilitée par les fonctionnaires du ministère des Transports» du Canada, selon les mots mêmes de la porte-parole de VIA Rail, Mariam Diaby. «Au cours des prochains mois, dans l'objectif de maximiser l'utilisation des infrastructures existantes, des équipes d'ingénierie de la CDPQ et de VIA Rail analyseront la faisabilité d'infrastructures interopérables et l'utilisation de technologies permettant la cohabitation» du REM et du TGF dans le tunnel, a précisé Mme Diaby. 
Le maire Régis Labeaume, qui recevait vendredi le grand patron de VIA Rail, se réjouit de cette nouvelle. «Dans le monde, il existe des lieux où il y a multiples utilisations de la même voie et les technologies seraient prêtes pour ça. Ça veut dire, selon Via Rail, qu'il est possible de coordonner les fréquences du REM avec les arrivées des trains de VIA Rail de Québec, Toronto et Ottawa», a-t-il retenu. 
Une promesse
Le maire Labeaume s'est fait promettre d'être tenu au courant des développements tant par M. Desjardins-Siciliano que par Micheal Sabia, président de la CDPQ, venu aussi le rencontrer il y a quelques semaines. 
«À partir de là, moi je prendrai position. Je voudrais qu'on se rende directement à la gare centrale, ce qui serait le plus simple. Maintenant ce que je veux savoir : c'est-tu possible ou c'est pas possible en utilisant la voie de cinq kilomètres sous le mont Royal?» poursuit le maire, en entrevue avec Le Soleil. 
Celui-ci ne nie pas que sa foi dans un accès direct au centre-ville a vacillé après que M. Sabia eut fait valoir que la cohabitation des deux trains n'était pas possible sous le mont Royal. M. Labeaume avait alors déclaré que la station intermodale, «ça aurait peut-être du bon sens». «Je ne sais pas le profil de la clientèle d'un TGF, mais le temps pour débarquer à une station et aller au centre-ville, on parle de quelques minutes et à partir de là, on pourrait se rendre à l'aéroport Trudeau aussi directement», avait-il fait remarquer. 
Maintenant que le président de VIA Rail dit le contraire, le maire veut en avoir le coeur net et semble enclin à revenir à l'option gare centrale. «D'une façon ou d'une autre, je veux que ça marche. Il y a quand même une heure et quart de gagnée, on dira ce qu'on voudra», martèle-t-il. 
Quant à sa préférence pour un TGV, M. Labeaume affirme qu'il en reparlera plus tard.