Les informations pour passer ce test de façon préventive seront notamment disponibles auprès des compagnies aériennes qui desservent ces territoires.
Les informations pour passer ce test de façon préventive seront notamment disponibles auprès des compagnies aériennes qui desservent ces territoires.

Test de dépistage recommandé avant de se rendre en Basse-Côte-Nord

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
BAIE-COMEAU – Les gens qui désirent se rendre en Basse-Côte-Nord, dans le secteur de Schefferville et sur l’île d’Anticosti sont «fortement» invités à passer un test de dépistage à la COVID-19. Et ce n’est pas exclu que cette mesure devienne obligatoire.

«Le dépistage est fortement recommandé pour ces secteurs isolés, et j’insiste sur le mot fortement», a déclaré en point de presse Claude Lévesque, président-directeur général par intérim du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISS) de la Côte-Nord.

Les informations pour passer ce test de façon préventive seront notamment disponibles auprès des compagnies aériennes qui desservent ces territoires. «On ne peut pas obliger quelqu’un à se faire dépister, à moins d’avoir un décret qui rende le tout obligatoire», d’ajouter le médecin-conseil en santé publique de la région, le docteur Richard Fachehoun.

Il n’y a pourtant toujours aucun cas de COVID-19 déclaré en Basse-Côte-Nord depuis le début de la pandémie, mais comme il s’agit d’un secteur isolé, où l’accès est parfois compliqué et les services de santé pas aussi complets qu’ailleurs, les autorités ne désirent prendre aucune chance d’y voir entrer le coronavirus.

Les autorités régionales de santé publique n’étaient pas chaudes non plus à l’idée de voir ce weekend des manifestations contre le port du couvre-visage à Sept-Îles et Baie-Comeau. «Ce n’est pas un secret pour personne que pour nous, le port du masque et la distanciation de deux mètres ne sont pas questionnables», de lancer M. Lévesque.

Toutefois, autant du côté de Sept-Îles que de Baie-Comeau, les autorités municipales ont refusé de délivrer le permis nécessaire pour autoriser ces manifestations. Si elles ont quand même lieu, elles seront illégales. Les organisateurs sont en contact avec les policiers sur cette question.

«Ça ne cadrait pas dans les critères de notre service de sécurité publique. Les responsables n’ont donc pas émis de permis», a confirmé le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny. «Je ne souhaite pas que ce genre de manifestation ait lieu chez nous. On a quand même bien réussi à s’en sortir jusqu’ici, on veut rester comme ça pour ne pas passer en zone rouge.»

Quant aux points de contrôle installés depuis vendredi midi à Tadoussac et à Matane, là où accoste le traversier entre le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord, ils étaient souhaités par la région. «Le gouvernement a réagi rapidement à notre demande, qui a été présentée mercredi», d’indiquer le pdg par intérim.

Le responsable des mesures de sécurité civile au CISSS de la Côte-Nord, Hugo Lemieux, souligne que les policiers n’ont pas, pour l’instant, le pouvoir d’interdire le passage ou de décerner des amendes, mais la chose n’est pas exclue.

M. Lemieux a aussi rappelé que les éventuels visiteurs en provenance de zones rouges qui voudraient se rendre sur la Côte-Nord, qui elle est toujours en zone jaune, doivent observer les mêmes consignes que s’ils étaient chez eux. «Donc pas d’activités sociales, par de bars et pas de restaurants», a-t-il clamé.

Deux nouveaux cas d’infection ont été rapportés ce vendredi, portant le total à 159 dans la région depuis mars. D’après le docteur Fachehoun, sur les 35 cas enregistrés depuis la mi-juillet dans la région, au moins 80 % sont reliés à une acquisition à l’extérieur de la Côte-Nord et qu’au moins la moitié de ces infections concerne des Nord-Côtiers qui ont été infectés à l’extérieur.

«Ce n’est pas seulement le fait de gens qui viennent ici. On est très inquiets pour la longue fin de semaine qui s’en vient», de conclure le médecin-conseil en santé publique.