Konrad Sioui a eu une rencontre en tête-à-tête d’une vingtaine de minutes avec Justin Trudeau, à Québec, vendredi

Terrains de la Défense nationale: «Notre demande est bien reçue» [VIDÉO]

Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, a directement demandé au premier ministre Justin Trudeau la cession à sa communauté des terrains de la Défense nationale près du boulevard Hochelaga à Sainte-Foy.

M. Sioui a eu le privilège d’une rencontre en tête-à-tête d’une vingtaine de minutes avant l’allocution du PM prévue vendredi après-midi devant des membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

«On a parlé de questions territoriales, de nos relations de nation à nation et des terrains de la Défense nationale. Notre demande a été bien reçue», a commenté le grand chef.

Cette «oreille attentive» d’Ottawa à sa requête ne représente pas une victoire, prévient-il. «Ce n’est pas gagné. Ce n’est jamais gagné. On n’a jamais rien eu pour rien», souligne celui qui souhaite une réponse avant la tenue des élections à l’automne. Il s’attend même à payer ces terrains dont il estime la valeur entre 10 et 20 millions de dollars.

M. Sioui est aussi revenu sur la surprise et la déception qui l’habitent depuis la sortie du maire de Québec. Mercredi, Régis Labeaume a fait parvenir une lettre au ministre fédéral de la Défense nationale pour lui signifier son intention de se porter acquéreur des 12,3 hectares de terrain.

Ceux-ci sont déclarés «excédentaires» après la démolition en septembre 2018 de l’ancien quartier militaire qui s’y trouvait et la construction d’un nouveau manège militaire. 

«Ça fait des années qu’on a informé le gouvernement fédéral qu’on voulait que ce terrain se développe en harmonie avec ce qu’il y a autour. Il faut que ça soit strictement ou quasiment strictement du résidentiel, sinon quelques commerces en façade sur Hochelaga», avait alors expliqué Régis Labeaume Labeaume. Vendredi, il n’était pas disponible pour revenir sur le sujet a fait savoir son attaché de presse avant l’allocution du PM. 

Trudeau prudent

M. Sioui plaide que sa communauté peut faire un développement tout aussi harmonieux que la Ville. «Du logement social, on est là. Du développement économique, on est là. L’acceptation du milieu et la protection des espaces verts, on est là. Je pense qu’on remplit les critères», dit-il, d’un ton rassurant.

Avant d’entrer dans la salle, le maire Labeaume et M. Sioui étaient tout près.

Les Hurons-Wendat se disent à l’étroit sur le territoire de Loretteville. Ils sont 851 inscrits sur une liste pour y habiter. De plus, les terrains se situent à la limite de la Seigneurie de Sillery, territoire revendiqué depuis 1652.

MM. Sioui et Labeaume se trouvaient côte à côte avant d’entrer dans la salle. Ils en ont profité pour blaguer sur le fait qu’ils s’entendent très bien, même s’ils convoitent les mêmes terres.

Trudeau très prudent

En point de presse, Justin Trudeau affirme avoir eu une «bonne discussion avec Konrad», tout en demeurant très prudent dans ses commentaires, ne voulant visiblement pas donner l’avantage à l’un plus qu’à l’autre. «Ce processus doit se faire dans la règle de droit. On sait que malheureusement quand on ne suit pas les processus bien établis, on finit toujours en cour. Ce n’est pas une décision qui doit être prise à la légère. Tout le monde doit avoir la chance de mettre sa proposition de l’avant», a-t-il dit, refusant de fixer une date à laquelle la décision sera prise.