Alexandre Taillefer a réitéré mardi son intention d'implanter Téo Taxi à Québec, mais il est pour l'instant tributaire du MTQ.

Téo Taxi bonifie son offre... mais Québec devra encore patienter

Avec bientôt trois fois plus de permis en poche, Téo Taxi entreprend «de doubler» son offre dans la métropole, mais Québec devra encore attendre. L'entreprise confirme que les taxis verts ne rouleront «pas avant 2018» dans la capitale.
Le ministère des Transports autorise l'augmentation du nombre de permis, alloués dans le cadre du projet pilote sur le service de transport par taxi électrique, de 110 à 350, en plus de le prolonger jusqu'en novembre 2018. Deux souhaits ouvertement exprimés par l'homme d'affaires et propriétaire de Téo Taxi, Alexandre Taillefer. 
«Nous avons une plus grande latitude. Nous pouvons monter à 350 voitures», a confirmé le principal intéressé dans un échange de courriels. Pour l'heure, ces nouveaux ne serviront pas à étendre le service à Québec, mais plutôt à répondre aux besoins grandissants de Montréal. «Nous sommes submergés de demandes», a laissé savoir M. Taillefer.
«Notre plan est de doubler notre offre dans les prochains 10 mois» dans la métropole, où sont déployées les 110 voitures. «Nous priorisons d'ici la fin de l'année Montréal. Nous avons besoin de nous concentrer ici pour augmenter l'offre [...] Nous pourrons nous pencher sur Québec en 2018, mais pas avant», écrit l'entrepreneur. 
Des visées ralenties
Alexandre Taillefer avait pourtant promis au maire Labeaume que son service vert serait disponible dans la capitale pour Noël 2016, puis il avait été question d'investir d'ici juin 2017. Mais la «lenteur du gouvernement» à bonifier la limite de permis a ralenti ses visées, disait l'homme d'affaires dans nos pages en avril. 
«Je ne m'attendais pas à ce que le gouvernement agisse aussi lentement», avait-il dit. À l'époque, Québec hésitait à élargir le projet pilote autorisé pour Montréal avant son expiration en novembre. Le ministre des Transports, Laurent Lessard, avait alors même évoqué la possibilité de mettre sur les rails un second projet, spécifique à la capitale. 
M. Lessard se montrait d'ailleurs ouvert à «pérenniser» l'offre de Téo Taxi dans le but d'augmenter la présence de véhicules électriques sur les routes et se défendait bien de vouloir «freiner» le projet. «On est en train de trouver les solutions pour qu'ils [l'entreprise] puissent s'implanter progressivement», avait insisté le ministre. 
«Dès que le projet sera pérennisé, nous aurons besoin de six mois environ pour s'implanter à Québec avec une première flotte de Téo», écrivait, toujours en avril, XPND Capital, société mère de Taxelco, qui a mis la main sur 40 % du marché du taxi à Montréal avec Téo Taxi, Taxi Diamond et Taxi Hochelaga. 
La Commission des transports du Québec a publié mercredi les modifications apportées aux modalités du projet pilote, adopté en novembre 2015. Un nouvel arrêté ministériel doit être publié dans la Gazette officielle du 2 août et entrer en vigueur le 17. Il a été impossible d'obtenir davantage de détails du ministère, vendredi. 
Un autre projet pilote étendant l'utilisation des automobiles, de type berline ou familiale, mues par l'électricité à l'industrie du taxi, a aussi été autorisé par Québec, il y a deux semaines, pour une durée de deux ans.