Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, s’est dit très satisfait dimanche de la rapidité et du déploiement des équipes d’Hydro-Québec et des entreprises venues prêter main-forte.

Tempête automnale: un appel à la patience

Encore un peu de patience était nécessaire pour des citoyens de Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches dimanche, quelque 14 508 foyers étaient toujours dans le noir. Avant minuit, la majorité du réseau était cependant rétabli, mais quelques secteurs, dont la région de la Beauce, n’auront pas été aussi chanceux.

Depuis samedi, les employés d’Hydro-Québec peuvent compter sur l’aide d’entreprises provenant du Michigan, de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse ainsi que d’autres entrepreneurs du Québec pour rétablir le courant partout le plus rapidement possible. Plus de 1400 travailleurs étaient sur le terrain dimanche.

«Les choses avancent bien. La force de frappe n’a pas diminué. On a plus de 450 équipes. On apprécie fortement les efforts qui sont déployés. Ce sont des gens qui travaillent 16 heures par jour et qui n’arrêtent pas pour rétablir ça. Les équipes sont toujours déployées pour être optimales en terme de correction», indiquait le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, lors d’un point de presse. 

Le ministre s’est dit très satisfait de la rapidité et du déploiement des équipes. La tempête n’a pas été une surprise pour Hydro-Québec. Les bourrasques ont cependant causé plus de problèmes que prévu. 

«On suivait la météo et les équipes étaient prêtes. La vitesse des vents, si elle augmente de 10 ou 15 km/h par rapport aux prévisions, c’est toute la différence en termes d’effets. On était prêts et les équipes ont été rapidement mobilisées», soutenait M. Julien. 

Dans la province, environ 65 000 clients d’Hydro-Québec étaient toujours sans électricité un peu avant minuit.

Dans la soirée de dimanche, seulement 6300 personnes étaient touchées par les pannes dans la Capitale-Nationale et presque tous les feux de circulation étaient redevenus fonctionnels à Québec. Pour Chaudière-Appalaches, près de 15 000 clients étaient encore privés d’électricité. La région de la Beauce reste parmi les plus touchées par les pannes de courant. 

Pannes «complexes» à réparer

Pour lundi et mardi, même si les pannes à réparer sont moins nombreuses, il y aura encore plus de travailleurs sur le terrain, près de 1500. Hydro-Québec recevra l’aide supplémentaire du Connecticut et des Maritimes, les travailleurs s’attaqueront aux cas plus «complexes». 

«Les pannes qui sont corrigées [depuis dimanche] touchent moins de personnes, ce n’est pas moins de travail, mais le résultat est moins probant par rapport à la clientèle. Les derniers clients qu’on va aller chercher sont dans des milieux plus isolés, plus difficiles. Il y a des travaux plus importants à réaliser», a expliqué le ministre. 

À titre d’exemple, un poteau cassé prend six ou sept heures à réparer. Depuis dimanche, 70 % des pannes restantes affectent un petit nombre de personnes à la fois. Chaque intervention permet de rétablir le courant pour environ 20 clients, les réparations ont moins d’impacts. 

Pour la Beauce et d’autres secteurs plus problématiques, tels que la Montérégie, dans les Laurentides, en Mauricie, en Estrie et au Centre-du-Québec, il est impossible de savoir quand le courant sera de retour. Les travaux seront finalisés lundi et mardi.

«Dans certains secteurs, ce sont des tronçons complets de réseau qui sont à reconstruire. À d’autres endroits, des transformateurs et des poteaux sont à changer. Ces travaux nécessitent la préparation et la livraison de matériel partout au Québec», peut-on lire sur le site d’Hydro-Québec.

Pour les autres régions, tout devait être revenu à la normale depuis minuit.

Réseau de distribution

Le ministre Julien, rappelle qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle, l’ampleur de la tempête automnale de vendredi est considérable.

«C’est notre réseau de distribution qui a été touché. Notre réseau de transport, avec les grandes lignes et les grands pylônes, s’il y a un bris, c’est plus énergivore à réparer. Lui est solide et intact. La robustesse du réseau a changé. Le rétablissement est plus rapide», a-t-il ajouté 

Le ministre comprend que 48 heures sans électricité peut être «pénible» pour les citoyens, mais assure que les équipes sont à pied d’œuvre pour rétablir le courant partout et les interventions sont rapides. M. Julien rappelle aussi qu’il faut rester patients et prudents.

«Ne vous approchez pas des fils qui sont en réparation, ne tentez pas de vous improviser monteur de ligne, c’est dangereux.»

Il a lui-même pu constater des situations dangereuses ou les fils tombés au sol étaient toujours alimentés d’électricité. 

> État du réseau

Inondations en Beauce

Du côté de Sainte-Marie, où le centre-ville a été inondé vendredi soir, la majorité des routes sont de nouveau ouvertes à la circulation. Le centre-ville demeure toutefois inaccessible, l’eau a laissé ses dégâts.

La circulation sur le pont de la rivière Chaudière se fait en alternance. La route du Président-Kennedy est ouverte à partir de la route Cameron.

À Beauceville, toutes les routes sont rouvertes. Le centre de services aux sinistrés demeure ouvert, il se situe à l’hôpital de Beauceville sur la route 108. Le site offre de l’hébergement ainsi que les services essentiels (douche et nourriture).

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UNE DOUZAINE DE CAS D'INTOXICATION AU C0 DANS LA RÉGION

La Direction de santé publique de plusieurs centres hospitaliers rappelle aux citoyens privés d’électricité de faire gare à une intoxication au monoxyde de carbone (CO). 

«Onze personnes ont été assez sévèrement intoxiquées au monoxyde de carbone pour faire l’objet d’une consultation pour évaluer le besoin d’un traitement en chambre hyperbare à l’Hôtel-Dieu de Lévis», a indiqué le Service des communications et des relations publiques CISSS de Chaudière-Appalaches, dimanche. 

Un cas a aussi été relevé à Saint-Augustin-de-Desmaures, un couple a été transporté à l’hôpital dans la nuit de vendredi à samedi. 

Le CO est un gaz sans odeur et sans couleur, il est donc impossible à percevoir. Une intoxication au CO peut se manifester par des symptômes tels que maux de tête, nausées, fatigue et somnolence, étourdissements ou perte de conscience. Pour éviter tout problème, il ne faut pas utiliser d’appareils à combustion, tels que les génératrices, appareils de cuisson conçus pour l’extérieur ou de chauffage d’appoint pour le camping, à l’intérieur ou dans tout autre endroit clos.

Les citoyens peuvent aussi se munir un avertisseur de CO à pile. Plusieurs services incendie de diverses municipalités ont procédé à des vérifications dans les trois derniers jours. Ils ont visité les résidences privées de courant afin de vérifier si les résidents demeurés à l’intérieur se réchauffaient de manière sécuritaire. 

Au total, une cinquantaine de cas d’intoxications ont été relevés dans la province, à la suite de la tempête automnale de vendredi. Judith Desmeules