Depuis l’automne 2016, 20 % des tuteurs de l’Université TÉLUQ ont perdu leur emploi à la suite du contrat octroyé à l’institut MATCI de Montréal et à l’engagement de professeurs contractuels à l’interne.

TÉLUQ: un tuteur sur cinq a perdu son emploi depuis 2016

Depuis l’automne 2016, 20 % des tuteurs de l’Université TÉLUQ ont perdu leur emploi à la suite du contrat octroyé à l’institut MATCI de Montréal et à l’engagement de professeurs contractuels à l’interne. Des diplômés universitaires se retrouvent aujourd’hui avec un salaire proche du bien-être social alors qu’ils sont titulaires d’un doctorat. Les pertes salariales ont également engendré pour certains tuteurs des dépressions et des problèmes de santé.

Marie-France Cyr a contacté Le Soleil pour raconter son histoire. Titulaire d’un doctorat en communication,  Mme Cyr a perdu 75 % de son salaire lorsque TÉLUQ a supprimé, sans aucune explication et sans égard à son ancienneté, son tutorat en communication et en relations publiques auprès des étudiants pour le donner à des professeurs contractuels et à des sous-traitants de MATCI.

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«Je gagnais entre 60 000 et 70 000 $ par année. Maintenant, je ne travaille plus qu’une demi-journée par semaine pour encadrer des étudiants en français et en littérature, et je vais me retrouver avec un salaire annuel de 14 000 $», confie Mme Cyr, qui détient également un baccalauréat en études littéraires. Je vais devoir demander l’aide alimentaire parce que je n’ai pas droit au chômage, et je suis dans l’obligation de vendre mon condo.» 

Tutrice depuis 1989, Mme Cyr se situe à un échelon salarial assez élevé comme c’est le cas pour la majorité des tuteurs dont la moyenne d’âge est de 52 ans et la moyenne d’ancienneté de 14 ans. Son travail consiste à encadrer les étudiants durant leur session de cours. 

«On accueille les étudiants par téléphone ou par courriel pour répondre à leurs questions en début de session. On corrige les travaux et on explique le cours quand c’est nécessaire», explique-t-elle.

Un encadrement déficitaire

Selon la présidente du syndicat des tuteurs et tutrices de la TÉLUQ, Nancy Turgeon, un tuteur donne 3 h en service à chaque étudiant contre 1 h pour les nouveaux professeurs contractuels. «L’étudiant a besoin d’un encadrement personnalisé, et nous ça fait 40 ans qu’on fait ça. MATCI, on n’a même pas d’information sur la manière dont les élèves sont encadrés», déplore-t-elle.

Contrairement aux tuteurs, les nouveaux professeurs contractuels doivent aussi accorder une partie de leur temps à la recherche et à la mise à jour des cours. «Cela représente 20 à 30 % de leur travail, donc ils ont moins de temps pour aider les étudiants», affirme Mme Cyr.

Lorsqu’il y a un nouveau cours, les tuteurs doivent postuler comme si c’était la première fois qu’ils travaillaient pour la TÉLUQ. Une aberration pour Mme Cyr, qui se sent traitée comme si son expérience et ses diplômes ne valaient rien aux yeux de la TÉLUQ.

Rappelons que le directeur général de l’Université TÉLUQ a été suspendu temporairement vendredi par la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, à la suite du rapport de l’enquête sur la gestion des contrats de la TÉLUQ.

Un nouveau directeur général sera nommé, lundi, lors d’une réunion extraordinaire C.A. de la TÉLUQ en fin d’après-midi.