Le président de Taxi Coop, Abdallah Homsy, avoue être inquiétait de l’impact de l’arrivée d’Eva sur la valeur des permis de taxi et de l’absence de gestion de l’offre dans le secteur du transport de personnes.

Taxi: l'industrie perplexe quant à l'arrivée d'Eva

L’industrie du taxi demeure perplexe suite à l’annonce de l’ajout de la coopérative de solidarité québécoise Eva dans le projet-pilote qui permet à la multinationale Uber de transporter des clients au Québec.

Président de Taxi Coop et porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy hésitait vendredi à prendre position sur la nouvelle annoncée par Le Soleil. Il avouait cependant qu’il s’inquiétait de l’impact de l’arrivée de ce nouveau joueur sur la valeur des permis de taxi et de l’absence de gestion de l’offre dans le secteur du transport de personnes.

«Présentement, il n’y a pas de plafond, pas de gestion de l’offre. Ce qu’il faudrait, c’est que le ministre fasse un cadre réglementaire pour réagir à tout ça», a déclaré M. Homsy. «J’ai déjà rencontré le ministre François Bonnardel et il m’a promis qu’il y aurait un cadre réglementaire cette année. En 2019, il faut arrêter de traiter chaque cas à la pièce et établir un cadre global qui soit le même pour tous.»

Depuis le début de l’aventure Uber au Québec, les entreprises de taxi critiquent le que les chauffeurs de la multinationale ne soient pas soumis aux mêmes règles que les leurs. Elles s’inquiètent aussi de l’absence de quota qui fait que, selon M. Homsy, il y aurait de 12 000 à 13 000 chauffeurs Uber à Montréal contre environ 3500 chauffeurs de taxi.

«Si on accorde un projet-pilote à Eva à travers celui d’Uber, on ouvre aussi la porte à d’autres, par exemple Lyft», poursuit M. Homsy en nommant l’entreprise américaine concurrente d’Uber qui n’est pas encore présente au Québec. «Quand il n’y a pas de contingentement, la valeur des permis est touchée et on calcule que depuis 2014, c’est déjà environ 500 millions $ de pertes au niveau de la valeur de nos permis.»

«Deux poids, deux mesures»

M. Homsy s’inquiète aussi de lire qu’Eva devra verser entre 1,17 $ et 1,53 $ au gouvernement par course contre entre 0,90 $ et 1,26 $ pour Uber et que la coopérative de solidarité verse un acompte de 100 000 $ par trois mois contre 1,1 million $ pour Uber. 

«C’est deux poids, deux mesures, et ce n’est pas nécessairement équitable pour Eva non plus, car Uber paie plus d’un million $ pour 12 000 véhicules alors qu’Eva paiera bien sûr 10 fois moins, mais pour une quelques centaines de véhicules seulement», termine-t-il. Eva sera autorisée à faire du transport de personnes à Québec, Montréal et Gatineau. L’entreprise fondée par Dardan Isufi et Raphaël Gaudreault fonc tionnera selon un modèle semblable à celui d’Uber, mais demandera à ses chauffeurs de lui verser 15 % du montant de chaque course alors que le pourcentage s’élève à 25 % chez Uber.