Les négociations entre l’Association des optométristes du Québec et le ministère de la Santé sur le renouvellement de leur entente quinquennale sur la tarification ont échoué, a fait savoir l'association, mercredi.

Tarification: presque tous les optométristes sortent du régime public

La vaste majorité des optométristes du Québec se retireront le 10 mars du régime public de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ)

L’Association des optométristes du Québec (AOQ) évoque l’échec des négociations avec le ministère de la Santé et des Services sociaux pour le renouvellement d’une entente quinquennale sur la grille de tarification. L’association professionnelle reproche au gouvernement d’avoir déposé en décembre des offres «dérisoires».

L’entente quinquennale définit les conditions de participation des optométristes au régime public qui couvre la population de moins de 18 ans et de 65 ans et plus, ainsi que les prestataires de la sécurité du revenu. Ces assurés pourraient devoir payer de leur poche à compter du 10 mars, si aucune entente n’intervient d’ici là.

«La balle est dans le camp du gouvernement», a indiqué l’optométriste Steven Carrier, président de l’association qui regroupe 1400 membres. Selon M. Carrier, 90 pour cent des optométristes ont signé leur formulaire de non-participation, qui ont été envoyés mercredi matin à la RAMQ pour un retrait du régime le 10 mars.

Le docteur Carrier soutient que les optométristes doivent débourser de leur poche pour les examens de la vue des personnes de moins de 18 ans et des aînés. Il cite en exemple la somme de 42 $ exigée en moyenne pour un examen de la vue, alors que selon le guide tarifaire de son association, cette somme atteint 95 $ dans le secteur privé. Pour une urgence - des rougeurs aux yeux, par exemple -, les optométristes reçoivent 12 $, indique-t-il. «Les coûts d’exploitation encourus par les optométristes ont augmenté trois fois plus que les honoraires à l’acte au cours des 30 dernières années», soutient le docteur Carrier.

«Offres inacceptables»

Interrogé dans les couloirs de l’Assemblée nationale, mercredi, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’est contenté de souligner «le «timing» extraordinaire dans cette manoeuvre», à huit mois des élections générales au Québec.

Le docteur Carrier soutient de son côté que l’association voulait justement «éviter le brouhaha des élections» en déposant ses demandes en février 2017, alors que l’entente quinquennale précédente était échue depuis avril 2015. «Le gouvernement s’est décidé à nous rencontrer la veille de notre assemblée générale», a-t-il soutenu mercredi.

Or, le gouvernement aurait déposé des «offres inacceptables», selon M. Carrier - des hausses d’environ un pour cent par année, «même pas l’inflation».

Le premier ministre Philippe Couillard a aussi estimé qu’il fallait s’attendre à de telles demandes à l’approche des élections. «Vous allez voir tous ces groupes en demande sortir - ce n’est pas une coïncidence, tout ça. Ça fait partie de la danse qu’on voit dans les mois qui précèdent une élection générale: tout le monde va se présenter comme ayant un enjeu qui domine tous les autres», a-t-il souligné dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Interrogé sur la suite des choses, M. Couillard a indiqué: «On va leur parler: ce n’est pas vrai que parce qu’on fait une menace, il faut tout de suite faire ce que le monde dit. Il faut discuter aussi.»