Survol de certaines recherches liées à la COVID-19 menées dans le monde [3 juin]

Des milliers de scientifiques dans le monde entier sont à pied d’oeuvre pour tenter de lutter contre la pandémie de COVID-19. Voici un résumé de certaines recherches récentes, qui ont été menées par des revues académiques ou des agences scientifiques, et qui ont généralement été révisées par des pairs:

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Le «Journal de l’Association médicale canadienne» a analysé les forces et les limites du traçage numérique des contacts comme moyen de lutter contre la propagation de la COVID-19. Le journal conclut que les applications de téléphonie mobile traçant les mouvements et les contacts ne sont utiles que si elles sont adoptées par un grand pourcentage de la population. Cela signifie que leur efficacité dépend de leur acceptation par le public. Le journal affirme que les gouvernements comme l’Alberta qui envisagent de rechercher les contacts numériques doivent veiller à ce que ces applications respectent la vie privée, utilisent des seuils raisonnables pour mesurer l’exposition et soient coordonnées entre les différentes agences de santé publique. Les auteurs préviennent que de telles mesures ne remplacent pas des tests fréquents et précis.

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Des recherches publiées dans le «Journal de l’Association médicale canadienne» suggèrent que le taux de mortalité chez les patients plus âgés atteints de la COVID-19 pourrait ne pas être aussi élevé qu’on le pensait. Les premières études menées en Chine, en Italie et aux États-Unis ont montré une mortalité variant de 23 à 62 % chez les patients gravement malades. Une enquête auprès de 117 patients atteints de la COVID-19 aux soins intensifs à Vancouver, cependant, a montré un taux de mortalité de 15%, même si l’âge médian était de 69 ans et près des trois quarts des patients avaient des problèmes de santé sous-jacents.

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Le blogue scientifique «Retraction Watch» souligne qu’un article largement diffusé qui jette le doute sur la capacité des masques à empêcher la propagation du nouveau coronavirus a été retiré. Le journal a été largement cité dans les médias et les médias sociaux après sa publication, mais la revue «Annals of Internal Medicine» l’a par la suite supprimé. La revue a cité des problèmes de taille d’échantillon - quatre participants - et le fait que les auteurs n’aient pas considéré les limites du test qu’ils utilisaient pour détecter le virus. «Retraction Watch», qui surveille les recherches sur la pandémie depuis qu’elle a commencé, répertorie plus d’une douzaine d’articles sur la COVID-19 qui ont été retirés, tant sur des sites de prépublications non évaluées par des pairs et sur les sites de revues prestigieuses telles que «The Lancet».

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La Société canadienne de thoracologie publie des lignes directrices sur l’asthme et la COVID-19. Les asthmatiques ne courent pas plus de risques de contracter le nouveau coronavirus, indiquent les lignes directrices, soulignant de grandes études montrant que le pourcentage d’asthmatiques parmi les patients atteints de COVID-19 correspond à leur part de la population générale. La société affirme que l’asthme pourrait bien être exacerbé par la maladie, mais cela n’a pas été directement prouvé jusqu’ici. Il n’y a pas non plus de preuve solide que les asthmatiques aient un risque plus élevé de maladie grave ou de décès en raison du virus. La société encourage les asthmatiques à poursuivre leur traitement régulier.

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La revue «Biomedicines» a publié des recherches montrant que les compléments alimentaires, dont la vitamine D et la quercétine (un flavonoïde présent dans les plantes), pourraient jouer un rôle dans le traitement des personnes souffrant de la COVID-19. Il a été constaté que la quercétine modifiait l’activité de nombreux gènes qui encodent les protéines ciblées par le virus, interférant ainsi potentiellement avec les fonctions de 85 % des protéines virales dans les cellules humaines. On pense que la vitamine D a un impact similaire. Les auteurs suggèrent qu’une carence en vitamine D associée à l’âge pourrait contribuer à la mortalité élevée des personnes âgées atteintes de COVID-19. Les auteurs suggèrent d’autres recherches et essais cliniques.