La quantité excessive d’écureuils gris, en particulier, cause des dommages aux végétaux et aux infrastructures du parc du Bois-de-Coulonge et au Domaine Cataraqui.

Surpopulation d’écureuils au Bois-de-Coulonge et au domaine Cataraqui

Robert a l’habitude de promener sa chienne dans un sentier qui passe à travers le domaine Cataraqui, à Sillery. À cet endroit, son setter irlandais est toujours très excité pour une raison qui n’échappe pas à son maître : l’abondance d’écureuils.

«Chaque matin, j’en vois au moins six à huit facile autour des arbres», se réjouit le retraité.

Les responsables du domaine Cataraqui et du parc du Bois-de-Coulonge ne partagent pas son enthousiasme. «On voit vraiment une surpopulation d’écureuils», indique Anne-Marie Gauthier, porte-parole de la Commission de la capitale nationale du Québec, qui est propriétaire des deux terrains. 

La quantité excessive d’écureuils gris, en particulier, cause des dommages aux végétaux et aux infrastructures des deux endroits et oblige notamment la Commission à utiliser un répulsif naturel — le fumier de poule — contre le rongeur.

Les écureuils mangent les bulbes, déracinent les plantes, grugent l’écorce des arbres et grignotent les étiquettes d’identification des végétaux.

Pour prévenir les méfaits des rongeurs, la Commission est contrainte d’utiliser du mobilier urbain ou des mangeoires conçus pour résister à ses assauts.

Les dommages ne sont pas majeurs, indique Mme Gauthier. «Mais c’est suffisant pour qu’on prenne des actions pour essayer de les repousser.»

Problème récurrent

Le problème est récurrent depuis quelques années au domaine Cataraqui et au parc du Bois-de-Coulonge.

L’abondance de nourriture — dont une partie est fournie par les promeneurs — fait partie des causes de la surpopulation d’écureuils, souligne Anne-Marie Gauthier. L’absence de prédateurs joue aussi pour beaucoup. 

La surpopulation est un défi écologique et humain auquel les horticulteurs, qui travaillent de la mi-avril à la fin octobre aux deux parcs, tentent de faire face dans les limites de la loi. 

Au Québec, une personne ne peut pas tuer ou capturer un animal qui endommage ses biens s’il lui est possible de simplement l’empêcher de nuire. 

Le domaine Cataraqui et le parc du Bois-de-Coulonge utilisent du fumier de poule comme répulsif naturel. Ils effectuent aussi de la sensibilisation auprès des usagers du parc pour qu’ils évitent de nourrir les animaux.

L’écureuil gris se nourrit normalement de fruits durs et de graines : glands, faines, noisettes. Son régime alimentaire peut aussi comprendre des champignons, des œufs, des oisillons, des insectes et de l’écorce d’arbre. 

Il y a quelques années, l’ingénieur forestier Guy Bussières, responsable de travaux pratiques et de recherche au Département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval, avait d’ailleurs remarqué les dommages causés par les écureuils gris sur les arbres du campus. 

Mesures plus musclées demandées

Jean-Guy Picard, un ornithologue amateur qui fréquente le domaine Cataraqui et le parc du Bois-de-Coulonge, souhaiterait des mesures plus musclées pour repousser ces rongeurs.

Les écureuils mangent les œufs des oiseaux, saccagent leurs nids et volent leur nourriture, énumère-t-il. «Je ne suis pas là pour dire qu’il faut les exterminer. Mais il faut les contrôler. Si c’était possible de les stériliser, ce serait l’idéal», dit M. Picard. 

«C’est des rats avec des belles queues, dit-il. C’est réellement ça.»

L’été dernier, Martin Poirier, un étudiant en sciences politiques de l’Université de Montréal et adepte de la chasse avait lancé une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour exhorter le gouvernement du Québec à légaliser la chasse à l’écureuil.

En octobre, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, avait déclaré qu’il songeait à permettre la chasse à l’écureuil. «On va l’étudier, je ne donne pas de délais, on a ça sur la planche à dessin», avait-il dit. 

M. Poirier précisait toutefois que si le gouvernement acceptait sa proposition, les écureuils ne pourraient pas être chassés n’importe où — pas dans les parcs, par exemple.

Pour l’instant, la Commission de la capitale nationale n’a pas l’intention de recourir à d’autres moyens pour contrôler le rongeur, indique la porte-parole Annie-Marie Gauthier. 

«On ne peut pas enrayer la présence des écureuils, mais nous faisons des choix intelligents afin de limiter les dommages causés par leur surpopulation.»